Book review: Garde ton derrière fermé, par Jaffar

” Garde ton derrière fermé ” ou Ce que cachent les cités by Jaffar
My rating: 5 of 5 stars

Un témoignage unique et magnifique ; bouleversant de courage, d’intelligence et de sincérité !

Véritablement d’intérêt public. Et curieusement agréable à lire, malgré le malaise des passages de violence homophobe. Il faut dire que c’est super bien écrit ; ça aide !

Le concept en deux mots :
– L’instruction comme moteur pour sortir du carcan de l’obscurantisme et accéder à la liberté.
– L’homosexualité comme carburant de ce moteur.

J’avoue que je n’avais encore jamais vu les choses comme cela. C’est un formidable message d’espoir pour les jeunes, victimes directes ou indirectes de l’intolérance religieuse. Et probablement aussi pour les personnes lgbt moins jeunes, plus libres, mais encore envahies par un sentiment de honte pour avoir intériorisé l’homophobie ambiante depuis leur plus jeune âge (comme le postule Alan Downs dans The Velvet Rage, j’en avais parlé dans #psSortDuPlacard)

Bref… À lire et à partager massivement, cela sauvera des vies 🙂

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Protected: 20160304

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Blog Audio 40 : Planète de virus de Carl Zimmer – 1er chapitre

virus 833x1228Auteur : Carl ZimmerLivre : « Planète de virus », collection Science à Plumes, Editions Belin

Extrait original : Chapitre 1 – Un fluide vivant contagieux

Enregistrement : Alan

 

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Famelab 2016 – Swiss semi-finals in Lausanne

On March 31st, 2016, I was one of the three members of the judging panel for the Swiss semi-final of the Famelab 2016 contest in Lausanne, Switzerland.

Blog Audio 39 : T. rex superstar de Jean Le Loeuff – Préface

9768_trex_superstar_couvAuteur : Jean Le Loeuff

Livre : « T. rex superstar », collection Science à Plumes, Editions Belin

Extrait original : préface

Enregistrement : Alan

 

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Carl Zimmer – Planète de virus (en français)

(Notes d’émission: http://www.podcastscience.fm/?p=8096)

virus 833x1228Merci à Stéphanie et à Johan pour la transcription/traduction de l’interview et merci à Pascal pour le voice-over !

Alan (A) : nous avons la chance de recevoir un invité exceptionnel en direct des Etats-Unis. Le journaliste scientifique Carl Zimmer est des nôtres ce soir et nous allons parler de virus. C’est l’épisode 251 (c’est un nombre premier) pour le 1er mars 2016. Bonsoir et bienvenue !

 

A : Carl, pour commencer, David va vous présenter à nos auditeurs francophones.

David (D) : Carl, pour cette interview J’ai lu votre bio et votre page wikipedia pour récupérer quelques informations à propos de votre carrière et des livres que vous avez pu écrire. J’aimerais partager ce que j’ai découvert avec le public.

Arrêtez-moi si je dis une bêtise. Wikipedia révèle que vous avez obtenu votre licence d’Anglais à l’Université de Yale avant de travailler pour le magazine Discover à la fin des années 80. D’abord comme relecteur-correcteur puis comme rédacteur en chef adjoint.

Je n’en reviens toujours pas, quand j’observe la qualité de votre production et plus spécifiquement le livre dont nous allons parlé aujourd’hui, que vous n’ayez pas de formation scientifique ! En effet, chers auditeurs, Il est important de mentionner que Carl Zimmer n’est pas un invité ordinaire. Chroniqueur au New-York Times (pas si mal quand même), on le retrouve aussi sur des émission radio comme Radiolab (je sais qu’Alan et Pierre adorent ce podcast) et certain de ses livres ont été largement acclamés par la critique : “Soul Made Flesh – a history of Neuroscience” a été par exemple nommé parmi les 100 meilleurs ouvrages par le New York Times Book Review. “Science Ink: Tattoos of the Science Obsessed” a aussi été mis en avant par des média grand public comme le Huffington Post, Der Spiegel, ou encore le Guardian. En tant que journaliste, les articles de Carl Zimmer, qu’ils aient été dans Discover, le New York times ou sur son blog, The Loom, qui est maintenant hébergé sur la plateforme du National Geographic, ont été reconnus comme faisant partie des meilleurs écrits scientifiques américains dans diverses anthologies. Carl a aussi gagné le prix de l’Association Américaine de l’Avancement du Journalisme Scientifique  trois fois pour certains de ses articles. A présent vous devriez être capable de comprendre certaines des raisons qui font qu’avoir Mr Carl Zimmer avec nous ce soir est un grand honneur et que nous heureux de pouvoir parler de son livre : Une planète de Virus.

A : Merci David. Trêves d’introductions. Carl, pour qu’on s’immerge dans le livre, est-ce que vous voulez bien nous en lire les premières lignes à haute voix ?

Carl Zimmer (CZ) : Bien sûr ! Le livre porte sur les virus, même si ce n’est pas évident dans l’intro. J’essaie de montrer qu’on trouve des virus partout sur Terre, alors j’ai opté pour un lieu assez extrême.

Voici comment ça commence :

Au Mexique, à quatre-vingts kilomètres au sud-est de la ville de Chihuahua, se trouve la Sierra de Naica, une chaîne de montagnes désolée. En 2000, des mineurs se sont engouffrés dans un réseau de grottes sous ces montagnes. Parvenus à une profondeur de trois cents mètres, ils se sont retrouvés dans un lieu qui semblait appartenir à un autre monde. Ils se tenaient dans une salle d’une dizaine de mètres de large et de vingt-sept mètres de long. Le plafond, les murs et le sol étaient couverts de cristaux de gypse lisses et translucides.
Beaucoup de grottes contiennent des cristaux, mais pas comme ceux de Naica. Les cristaux y atteignent onze mètres de long et pèsent jusqu’à cinquante-cinq tonnes. Des cristaux de ce genre, on ne les porte pas autour du cou, on les escalade.

 

A : Magnifique ! Cela aura permis à nos auditeurs de se faire une idée de votre style. Précis. Efficace. Et pourtant, vous parvenez à construire des histoires inoubliables en partant de simples faits. En moins d’une centaine de pages, vous racontez l’histoire de l’évolution des virus, de notre compréhension des virus (ou plutôt de notre manque de compréhension), vous couvrez la grippe, le papillomavirus humain (à l’origine de cancers du col de l’utérus et de lapins à cornes), vous parlez des phages, des virus marins (un truc de dingue !), des rétrovirus endogène, du VIH, d’Ebola, de la variole, des virus géants et de plein d’autres choses. Vous vous attaquez même à la définition de la vie elle-même ! Nous essayons tous ici d’être de bons vulgarisateurs scientifiques mais je dois avouer que nous avons encore du boulot !

M’enfin… Le livre commence avec l’histoire de notre compréhension de ce que sont les virus. Des siècles durant, on ne les connaissait que via les symptômes qu’ils nous infligeaient. Ça ne fait pas longtemps qu’on les connaît véritablement.

 

CZ : Oui, donc, les virus ont rendu les gens malades depuis qu’il y a des gens, et même avant. Mais on ne savait pas trop ce qui les rendait malades. On trouvait des manières de gérer les virus comme, par exemple, en évitant les contaminations. Les malades de la variole étaient isolés du reste de la population. Puis, des vaccins furent même développés avant qu’on ne sache ce qu’étaient les virus. Ce n’est qu’à la fin des années 1800 que des chercheurs ont voulu comprendre pourquoi certains plants de tabac tombaient malades. Ils pensaient que c’était dû à une bactérie. Ils ont mixé les feuilles jusqu’à obtenir un fluide. Et quand ils passaient ce fluide dans un filtre si fin qu’il ne laissait pas passer les bactéries, il en sortait un liquide si clair qu’il avait l’air d’être pur. Mais il pouvait toujours contaminer d’autres plants de tabac. C’est alors qu’on appela cette mystérieuse substance “virus”.

A : le mot “virus”, qui a un double sens…

CZ : oui, il peut vouloir dire à la fois poison ou graine. J’adore cette double signification, car les virus sont un peu comme des graines ; des coques en protéine qui contiennent des gènes qui peuvent faire de nouveaux virus. Mais pour nous, ils sont toxiques.

A : c’est en 1923, je crois qu’un virologue britannique a déclaré qu’il est impossible de définir leur nature. Et quelques années plus tard, le New York times titrait que la distinction entre mort et vie a perdu quelque peu de sa validité  

CZ :  oui, car en fait, les scientifiques avaient découvert les virus ! Ils ont démontré que quelque chose d’incroyablement petit pouvait véhiculer des maladies, sans voir ce que c’était car les microscopes n’étaient pas assez puissants. Alors certains chercheurs, le chimiste Wendell Stanley en particulier, se sont dit : “peut-être qu’on peut cristalliser les virus ? Peut-être alors qu’on les verra ?”. De la même façon que l’on cristallise le sel à partir de l’eau salée. Et il a réussi à le faire à partir de ces virus qui infectaient les plants de tabac. Et il a pu en effet créer des cristaux de virus et c’était étrange, car on pouvait stocker ces cristaux pendant des mois puis les reprendre, les réhydrater, et ils pouvaient à nouveau causer la maladie. Les gens étaient vraiment perplexes : “c’est quoi ces trucs ? Ils sont vivants ou pas ?”. Et je crois qu’on débat toujours de ça aujourd’hui.

A : Oui, et ce n’est qu’à la fin des années 30 qu’on a pu commencer à les voir vraiment.

CZ : Oui, c’est exact, on a finalement inventés des microscopes, les microscopes électroniques, assez puissants pour permettre aux scientifiques de grossir suffisament pour voir ces objets. Car ils sont des centaines de fois plus petits qu’une bactérie. En fait, les scientifiques ont pu observer des virus infectant une bactérie, qu’ils ont appelés des phages. Et ils ont finalement pu comprendre que ces virus étaient très petits mais pas invisibles, qu’ils étaient de minuscules entités qui pouvaient envahir nos cellules et les forcer à créer d’autres virus.

A : Karim, on a déjà des questions dans la chatroom ?

Karim (K) : alors pour le moment, on a une seule question de Haeckel je crois, qui demande si la découvertes des prions suit la même histoire.

CZ : Oui c’est une question intéressante. Les prions sont juste des protéines qui sont déformées et qui peuvent attraper d’autres protéines et les déformer à leur tour. Ce changement de forme peut en quelque sorte se répandre dans un type particulier de protéines. Et ils peuvent provoquer des maladies, comme la maladie de la vache folle et d’autres. Et il y a certainement eu des débats sur certaines de ces maladies, les chercheurs ne pouvant pas identifier si elle étaient causées par une bactérie ou un virus. Et finalement, Stanley Prusiner, de l’université de Californie à San Francisco, a réussi à isoler ce qu’il a appelé les “prions”, un type particulier de protéines qui se créent     de cette façon. Donc oui, il y a un parralèle intéressant avec cette histoire.

K : Merci

A : Merci beaucoup. Passons à notre premier virus. Pouvez vous nous parler un petit peu du rhinovirus ?

CZ : Alors le rhinovirus, en anglais on l’appelle “a cold” et à cause de mon mauvais français, je ne me souviens plus comment on dit ça en français.

A : Un rhume

CZ : Rhume oui. Alors, le rhume ou “the cold”, c’est un virus que l’on a tous attrapé. Pour la plupart d’entre nous, ça ne nous rend pas particulièrement malade, mais tout de même pendant quelques jours. En fait, on a des sources mentionnant des rhumes vieilles de plusieurs milliers d’années, dès les plus vieux écrits sur la médecine. Et bien ce n’est qu’au début du XXe siècle que des scientifiques ont réussi à montrer que ces rhumes étaient dus à un type particulier de virus. Il y a un chercheur qui a pris le mucus de son assistant malade et de ses étudiants, l’a filtré, et qui a réussi à transmettre le rhume à d’autres personnes ! C’était le genre de tests nécessaires pour prouver que c’était bien un virus qui donnait le rhume.

A : Ouais je me rappele ce passage du livre, c’est vraiment dégoutant… Walter Kruze, en Allemagne. Fait intéressant, vous mentionnez que ce virus, enfin le rhume appelé “resh” en… je sais pas trop quelle langue, était déjà mentionné il y a 3500 ans dans le Papyrus d’Ebers.  

CZ : Exact.

A : En fait c’est une vraie plaie depuis… toujours ! Et c’est seulement maintenant que nous avons découvert ce que c’est et nous n’avons toujours pas de remède, n’est-ce pas ?

CZ: Non, on n’en a pas. Il y a des études qui suggèrent que le zinc pourrait réduire la durée d’un rhume, mais ce n’est pas vraiment un remède. Et il n’y a vraiment aucun moyen de s’en prémunir. Et en fait, il y a beaucoup de débat sur ce que nous devrions faire à propos du rhume. Beaucoup de gens disent : “Écoutez, le rhume c’est pas si grave dans l’ensemble” et il y a même des études qui indiqueraient qu’attraper un rhume enfant pourrait aider notre système immunitaire. D’un autre côté, certaines personnes commencent à montrer que le rhume pourrait faire plus de dégats que ce que l’on pensait jusqu’à présent. Effectivement la plupart d’entre nous attrapent un rhume, et ça nous fatigue pendant deux ou trois jours et puis c’est tout. Mais en fait, il apparait que le rhume peut parfois causer des infections respiratoires et peut déclencher d’autres infections, reliées à l’asthme par exemple. Donc on devrait peut être le prendre plus au sérieux. On commence seulement à reconnaitre ces rhinovirus car on peut maintenant regarder les séquences génétiques et en fait les chercheurs les découvrent maintenant dans différentes situations où ils ne les attendaient   pas. Notre combat contre le rhume continue, après des millènaires.

A: Dans le livre vous dites que si on savait comment s’en débarrasser, ce ne serait pas forcément une bonne idée.

CZ :Oui c’est exact. En fait, il se peut qu’avoir un rhume soit un peu comme être exposé à une bactérie, ou à la poussière ou autre. C’est un moyen d’entraîner le système immunitaire, pour qu’il soit plus efficace pour repérer les pathogènes sans entraîner de réaction excessive. On ne veut pas que le système immunitaire réagisse à des éléments inoffensifs, car sinon on pourrait peut-être développer des allergies ou un trouble immunitaire, par exemple. Il existe des études qui présentent des résultats intrigants dans ce sens. Je ne dirais pas que ça montre de manière certaine qu’avoir un rhume est une bonne chose, mais c’est intéressant de se poser la question.

A : Oui, la conclusion du chapitre est que nous ne devrions peut-être pas voir les rhinovirus comme des ennemis historiques, mais plutôt comme de vieux tuteurs ?

CZ : Oui, on ne voit les virus que comme des ennemis, or que je pense qu’il faut vraiment qu’on élargise notre point de vue à ce sujet. Vous savez, les virus peuvent avoir des rôles différents, il y a des virus qui sont juste mauvais, uniquement mauvais. Mais, il y en a d’autres qui peuvent être inoffensifs, voire, croyez-le ou non, bénéfiques ! Il faut prendre en compte tous ces éléments.

A : Ok, Karim, des questions pour Carl sur le rhinovirus?

K : Pas vraiment le rhinovirus, mais j’ai quelques questions

A : Vas-y

K : La première : lors de vos recherches pour “Science Ink”, avez-vous croisé des tatouages cools de virus ? Et si oui, pouvez-vous nous donner des exemples ?

CZ : [en riant] Vous faites référence au livre que j’ai écrit et qui s’appelle : “Science Ink : Tattoos of the Science Obsessed”. J’ai découvert que beaucoup de scientifiques avaient des tatouages et qu’ils ne les partageaient avec persone, et je les ai donc contraints à me les montrer. Celui qui me vient à l’esprit est un tatouage d’un de ces virus appelés phages qui infectent les bactéries. II y a justement certains phages qui sont parfait pour cela car ils ressemblent beaucoup à des robots de combat bizarres sortis du film Matrix : ils ont des formes plutôt hexagonales avec des sortes de jambes pointues attachées. Ils atterrissent sur les cellules, percent un trou comme avec une seringue et y envoient leurs gènes. Ils sont vraiment étranges mais donc oui, j’ai plus d’un tatouage de phages dans ma collection.

K : Excellent, merci ! On a le temps pour une autre question ?

Pierre (P) : Je voudrais juste ajouter qu’une de mes collègues de boulot apparait dans le

bouquin, elle a une espèce de papillon fait avec des becs de pinsons de Darwin.

CZ : Ah oui !

A : Je m’en souviens !

P : Elle vous passe le bonjour !

CZ : C’est un tatouage magnifique.

P : Effectivement.

A : Karim, une autre question ?

K : Oui, une question d’Alex qui demande si les virus peuvent être strictement définis comme des parasites ?

CZ : Hum, pour la plupart oui c’est ce que je dirais. Enfin je ne sais pas, c’est une question compliquée. Quand on y pense, c’est un réel défi de faire rentrer facilement les virus dans une catégorie. On peut      difficilement considérer le virus de la grippe autrement que comme un parasite par exemple. C’est quelque chose qui prospère aux dépends de son hôte, et donc c’est presque exactement la définition d’un parasite. Mais il y a également d’autres virus qui ont en fait des relations bénéfiques avec leurs hôtes. Par exemple ces virus qui portent des gènes de résistance aux antibiotiques. Quand ce genre de virus infecte les bactéries qui vivent en nous, ces bactéries vont survivre lorsque nous prendrons des antibiotiques, grâce aux gènes qui lui ont été apportés par ces virus. Là il ne s’agit pas d’un parasite. Il y a un large spectre de relations possibles entre les virus et leurs hôtes ou les autres espèces. Nous avons des virus qui sont des parasites de bactéries dans nos intestins, ils pourraient en fait être bénéfiques pour nous car ils préserveraient l’équilibre de la flore intestinale, donc pour nous il ne s’agirait pas de parasites, peut-être que nous sommes contents de les avoir pour rester en bonne santé. Une réponse à cette question est plus difficile à donner qu’il n’y parait.

K : Bien, merci. Il y a déjà des réponses qui ont été données pour d’autres questions, certaines personnes demandent si les virus   peuvent être utiles pour les humains ?

CZ : Oui les virus peuvent être utiles de plusieurs manières pour les humains, aussi bien en terme physiques ou médicaux mais nous utilisons également des virus pour beaucoup d’usages : les virus sont une ressource importante.

K : D’accord merci.

P : Quelqu’un demande s’ils peuvent être considérée comme des sortes de symbiotes  

CZ : Et bien j’imagine que ça dépend de comment vous définissez un symbiote. Si on parle de choses qui ont une relation mutuellement bénéfique avec leur hôte, alors parfois c’est le cas. Pour certaines espèces de virus, pour certains hôtes, cela peut en effet être bénéfique, ils peuvent amener des gènes bénéfiques etc. Parfois c’est quelque chose de plus soumis à condition, parfois les virus ont une attitude envers leur hôte qui est :“nous pouvons être amis, jusqu’à ce que les choses tournent mal, auquel cas je ne veux rien avoir à faire avec toi”. Les virus peuvent envahir une cellule et s’y installer calmement sans causer de dégat. Mais si la cellule subit un stress, le virus peut le détecter et déclencher ses gènes, se reproduire, déchirer la cellule et s’échapper. La cellule meurt et le virus en sort parce que ce n’était plus un bon endroit où être.

A : Merci. Le temps file et j’aimerais passer au chapitre suivant. Nous n’allons pas rentrer dans le détail de chaque chapitre mais je pense que ça vaut la peine de passer une minute sur la grippe. Qu’est-ce qui la rend si particulière ? Peut-être que vous pouvez d’abord nous dire d’où elle vient ? Quelle est son origine ?

CZ : Oui, donc les virus de la grippe ont une   origine particulière, ils viennent des oiseaux, particulièrement des oiseaux aquatiques sauvages. Une grande diversité de virus grippaux vivent dans les intestins des oiseaux, et pour la plupart ils sont inoffensifs. Régulièrement de nouvelles grippes aviaires sautent dans notre espèce. Elles s’adaptent à la diffusion entre humains et au lieu d’être des virus intestinaux, elles deviennent des virus respiratoires et nous les diffusons en éternuant, en ayant le virus sur nos mains, en touchant des surfaces etc.. Nous sommes constamment en train de recevoir des virus de ce réservoir réapprovisionné en permanence. Ce qui est différent de la manière dont les autres virus sont produits.

A : Au cours de l’histoire elle a été très meurtière n’est-ce pas ? Vous mentionnez l’épidémie de 1918 au cours de laquelle un demi milliard de personnes ont été infectées et on estime qu’elle en a tué 50 millions.

CZ : Oui, c’était peut-être plus qu’un demi milliard, c’est difficile de savoir précisément combien de personnes ont été infvaqui est incroyable c’est qu’elle s’est propagée dans le monde entier, jusqu’aux village les plus reculés d’Alaska, en une épidémie mondiale et plutôt catastrophique.

A : OK, Karim, il y a des questions ?

K : Il y a une question qui est je pense au coeur du livre, les virus sont-ils ou non vivants ?

CZ : On me pose cette question tout le temps, mais je ressens toujours ceci : avant que je réponde à cette question, je pense que la personne qui la pose doit me dire ce qu’est la vie. Définissez-moi la vie, parce que si vous regardez la définition de la vie, il y en a des centaines qui “circulent” en quelque sorte entre scientifiques. Il n’y a pas de définition clairement acceptée de la vie. Les gens vont dire “les êtres vivants ont cette liste de qualités” et ils rassemblent une liste arbitraire, qui change en fonction d’à qui vous vous adressez. Donc c’est une question à laquelle il est difficile de répondre parce que les termes sont controversés. Il y a certainement des caractéristiques des êtres vivants que la plupart des virus n’ont pas. Peut-être que la chose principale est que nos cellules ont des petites usines, appelées ribosomes, pour construire les protéines à partir de “blocs de construction”. Nos cellules peuvent grandir, construire de nouvelles protéines, construire leurs propres gènes, les virus ne peuvent pas faire ça, ils n’en ont pas la capacité. Donc si c’est votre définition, oui je dirais qu’ils ne sont pas complètement vivants. Pour autant il y a certains virus qui semblent être très proches de faire ces choses, ils sont appelés virus géants (mimivirus). Ils ont tellement l’air presque vivants que les gens ne sont pas sûrs qu’il s’agisse de virus, ça devient troublant. Je pense que nous avons tendance à penser la vie de façon binaire, mais je pense qu’en terme de biologie il y a en fait un continuum,  je ne sais pas comment l’appeler, des  systèmes biologiques, des systèmes vivants, du simple virus aux formes complètements vivantes, comme nous. Je pense qu’il est plus difficile qu’on ne le croit de tracer une ligne et de dire “de ce côté-ci les choses sont vivantes, de celui-ci elles ne le sont pas”.  

A : Je voudrais passer au chapitre suivant qui est à propos du Virus du Papillome Humain, VPH ou HPV, qui peut faire pousser des cornes sur les lapins, c’est une histoire incroyable, et provoquer des cancers du col de l’utérus chez l’humain, ou les faire ressembler à des arbres. Pouvez-vous nous parler de ce virus ?

CZ : Bien sûr. Le HPV est un des virus les mieux connus à présent, en partie je pense parce que sa menace est si bien évaluée. Les femmes infectées par certaines souches de HPV risquent de développer des cancers du col de l’utérus. Les hommes risquent également de développer des cancers avec ce virus. Ce qui se passe c’est que le virus pénètre les cellules et là il peut accélérer leur réplication elles perdent le contrôle et deviennent des tumeurs malignes. Le rythme de leur croissance devient très dangereux. La façon dont ils ont été découverts est assez incroyable, c’était dans le début des années 1900 aux Etats-Unis, les gens parlaient de ces lapins auxquels il poussait des cornes et ça semblait être de la mythologie, mais de temps en temps des gens trouvaient ces lapins ! Un chercheur à l’université de Rockefeller, Richard Shope, dans les années 30, a demandé à un ami de chasser ces lapins et de lui envoyer les corps. Il a étudiés leurs cornes et a réalisé qu’elles ressemblaient à des sortes de tumeurs. Quand il les a étudiées de plus près il a été capable d’isoler des virus de ces cornes, et il a pu utiliser ces virus pour faire pousser des “cornes” à d’autres lapins. Les virus du papillome sont trouvés sur pratiquement tous les mammifères terrestres. Le HPV nous infècte particulièrement, il s’agit en fait d’un réel succès en terme de virologie, car nous avons un moyen d’éliminer des cancers, un très grand nombre de cancers, parce qu’il y a un vaccin efficace contre le HPV. Si vous vaccinez les gens contre le HPV, ils n’auront pas ce type de cancer. Il s’agit d’un cancer qui affecte des milliers de personnes chaque année. C’est un type de cancer qu’on peut tout simplement éliminer, et vous ne pouvez pas dire ça à propos d’autres types de cancer. Les résultats du vaccin contre le HPV sont en train d’être connus, des données à long terme qui montrent que le vaccin est réellement en train de diminuer le taux de contamination par les souches qui provoquent le cancer, aux Etats-Unis du moins.

A : Karim des questions ?

K : Pas à propos des lapins je le crains.

A : Mais beaucoup de commentaires à ce sujet dans la chatroom.

P : Vous n’avez pas parlé du mythe du jackalope et du lien entre le lapin d’amérique et ce mythe.

CZ : Oui effectivement, les gens appelaient jackalope, ces lapins avec des cornes; jeu de mot entre jack rabbit, le lièvre, et antilope. Je me rappelle que quand j’étais jeune, j’étais allé dans le Wyoming et le Montana et parfois dans des restaurants, vous pouvez apercevoir des trophées de jackalopes, qui sont en fait comme des lapins avec des cornes d’antilope collées. Et vous pouvez acheter des cartes postales avec ces jackalopes. J’avais alors supposé que c’était un mythe que les gens de l’ouest américain avait inventé pour faire peur à ceux de l’est, mais il se trouve qu’il y a un fond de vérité. Il y a vraiment des lapins à cornes.

P : Je viens de poster une image de Reagan portant un trophée de jackalope.

A : Et il y a une autre image dans la chatroom. J’allais sauter la question mais puisqu’on en parle, pouvez-vous nous parler de Dede, le garçon indonésien des années 80 ?

CZ : Alors en plus du cancer du col de l’utérus, le HPV, dans d’autres situations, peut provoquer des excroissances des cellules de la peau et ça peut causer des verrues ou d’autres tumeurs pré-cancereuses. Une des raisons c’est que les cellules tentent de devancer le système immunitaire. Celui-ci peut maitriser ces virus et la plupart d’entre nous attrape l’HPV au niveau cutané, mais c’est plutôt inoffensif. Ce ne sont pas les mêmes souches qui causent le cancer du col de l’utérus. Mais il y avait cet homme qui avait sans doute une déficience de son système immunitaire car sa peau réagissait à chaque fois qu’elle entrait en contact avec le HPV. Cela provoquait une croissance très rapides des cellules cutanées. C’est horrible, sa peau ressemblait à de l’écorce. Ces tumeurs apparaissaient sur ses bras et d’autres parties de son corps. Des docteurs le trouvèrent dans un freak show itinerant et il fut opéré lourdement pour retirer ces excroissances. Il redevint normal mais les excroissances revenaient rapidement car le HPV est partout et est très difficile à éviter. Donc il le ré-attrapait inévitablement et sans système immunitaire adapté, il est juste redevenu cet homme arbre à nouveau.

A : C’est terrible… Passons au chapitre suivant, à propos de phages, incroyables petites choses. Vous en avez déjà parlé, pourraient-elles être une solution à la montée des résistances aux antibiotiques ?

CZ : Oui alors le terme phage désigne tout virus qui s’attaque à une bactérie. Il y en a énormément, tout simplement car il y a énormément de bactéries. Les plus abondants sont les phages des océans, car les océans sont immenses et remplis de bactéries. Des chercheurs ont tenté d’estimer leur nombre et sont arrivés à 10^31 (un 1 avec 31 zero derriere). Ca fait beaucoup de virus, et les virus sont donc la forme de vie, si l’on peut les appeler ainsi, la plus répandue sur la planète. Il y a plein de bonnes raisons d’étudier les phages. L’une d’elle est qu’il y a des phages qui infectent spécifiquement les bactéries qui nous infectent. Et donc si vous avez une plaie infectée par une bactérie, il est possible d’utiliser les phages pour soigner cette infection. Cette “thérapie par les phages” fut inventée en France, il y a un siècle et s’est bien établie avant d’être remplacée par les antiobitiques. Et maintenant que les antibiotiques commencent à nous faire défaut et que l’on voit apparaitre des résistances aux antibiotiques, les chercheurs se tournent de plus en plus vers les phages, en regardant s’ils peuvent réintroduire des phages efficaces contre les infections.

A : Vous avez mentionné les virus des océans et je voudrais y revenir. J’ai découvert quelque chose d’incroyable dans votre livre : si vous respirez 10 fois, l’une de ces respirations est due à un virus.

CZ : Oui c’est vraiment dingue, certains virus phages des océans infectent spécifiquement les bactéries qui produisent pas mal de notre oxygène. Ces virus portent sur eux certains des gènes de la photosynthèse. En gros, ils infectent la bactérie et remplacent les gènes de la photosynthèse de l’hôte par les leurs. Ils font cela car cela rend les hôtes meilleurs pour produire les éléments nécessaires pour produire d’autres virus. Ils adaptent en quelque sorte la photosynthèse pour leurs besoins et dans le processus, les cellules utilisent du dioxyde de carbone et produisent de l’oxygène. Nous respirons de l’oxygène qui vient dans un grand nombre de cas de ces bactéries infectées. Nous pouvons littéralement remercier les virus pour l’air que nous respirons !

A : C’est incroyable cette histoire !

CZ : Oui !

A : On trouve une autre histoire dans le chapitre « Nos parasites intérieurs », où nous apprenons que les mamifères peuvent remercier les virus pour l’existence d’un placenta ?

CZ : Dans cette partie je parle de certains virus qui sont devenu une partie de notre génome, qui sont vraiment passé dans notre ADN, se sont fondus en nous. Ça fait un moment que ces virus me fascinent et que je  suis toutes les recherches qui en parlent. Des chercheurs ont trouvés que dans plusieurs cas, leur ADN, transmis depuis des millénaires, a été capté à travers l’évolution pour faire des choses pour nous. Dans le placenta par exemple, des cellules utilisent un gène d’origine virale pour produire une protéine qui permet de créer un lien entre elles, et entre ces cellules et le placenta. C’est essentiel, et quand des chercheurs désactivent ce gène viral chez une souris, le placenta ne se fait pas et les embryons meurent. C’est un exemple frappant de la façon dont nous avons co-opté les virus. Ironiquement, nous utilisons aussi leur gènes pour combattre d’autres virus. Aussi étrange que ça peut paraître, nous sommes en partie des virus.

A : Oui, on a officiellement sidéré la chatroom [Rire]. Karim, des questions ?

K : Non, mais effectivement les gens sont épatés de voir à quel point les virus sont importants. J’ai une question si possible : pensez vous que la phagothérapie sera utilisée dans le futur ?

CZ : En fait, elle l’est déjà en ce moment, de manière confidentielle. Il y a des test en Belgique je crois. Un test important porte sur les victimes de brûlures. Les chercheurs développent des moyens pour les utiliser lorsque les antibiotiques ne fonctionnent plus. Pour les grands brûlés, vous n’avez pas envie de donner des tonnes et des tonnes d’antibiotiques à une personne si vulnérable. Et donc dans ce cas, les phages peuvent être une bonne alternative. Mais est ce que la phagothérapie est vraiment sûre ? Vous ne pouvez pas juste piocher n’importe quel phage pour une infection, un virus va peut être infecter une seule espèce, ou même une seule souche. Et si vous n’avez pas la bonne combinaison, ça ne va pas marcher.

K : Merci

A : Il y a un chapitre qui traite du VIH, mais je ne pense pas qu’on ait le temps, donc j’invite les auditeurs à aller lire votre livre, en anglais ou en français, pour découvrir ces histoires incroyables. Vous parlez aussi de la mondialisation du virus du Nil occidental, et de comment il est devenu américain. On va pas rentrer dans le détail non plus, mais en fait on assiste au même genre de phénomènes avec le virus Zika non ? Zika ?

CZ : On peut maintenant suivre ces virus d’une façon qui n’était pas possible dans les décennies ou les siècles précédents. Ce que nous voyons, c’est que certains virus apparaissent dans une partie du monde et puis tôt ou tard dans une autre. C’est assez remarquable de les voir se déplacer. Le virus Zika a été trouvé en Ouganda je crois au milieu du XXe siècle et pas vraiment ailleurs avant les 20 dernières années. Puis il a commencé à apparaître dans des endroits comme la Polynésie et l’année dernière dans les Amériques, au Brésil, et il se répand maintenant très rapidement dans d’autres parties du continent. C’est un schéma que l’on voit apparaître encore et encore. Le virus du Nil occidental était limité à l’Afrique et à l’Asie il y a encore 10 ans. Puis on l’a découvert à New York. On a su qu’il était là parce que les oiseaux mourraient, il touche les hommes et les oiseaux. Les oiseaux du zoo du Bronx et aux alentours mourraient et les chercheurs ont trouvé le virus en eux. En plein New York ! Probablement porté par des moustiques venant d’autres parties du monde. Et ça a suffit pour provoquer sa dispersion dans tout le pays [?][Je comprend pas ce que c’est que le shout out][Je pense pas, j’hésite entre shout out et shoot out même] et le virus du Nil Occidental fait maintenant partie de la vie des américains. On ne va pas s’en débarrasser ! Des gens en meurent tous les ans et on doit juste se résigner. Et Zika va suivre le même schéma à moins que l’on trouve un vaccin et que l’on mène une campagne intensive de vaccination et contre les moustiques qui le portent. Le chikungunya est un autre exemple. Malheureusement, on voit de plus en plus d’exemples de ces virus apparaître partout dans le monde.


A : En parlant de trucs terrifiants, vous avez aussi un chapitre dédié à Ebola. On ne va pas développer ici. Il y a également un chapitre sur la variole, j’aimerais qu’on s’y attarde un peu plus longtemps. Je suppose que les gens de mon âge ou plus jeunes seront aussi choqués en lisant ce chapitre. Je suis né au début des années 70 en Suisse et jusqu’à ce que je lise cette histoire, je n’avais jamais compris à quel point la variole avait été meurtrière pendant les milliers d’années qui nous ont précédé et à quel point c’est incroyable qu’on ait réussi à l’éradiquer (et pourtant réussi à séquencer son génome). C’est une histoire magnifique, qui en plus représente bien l’intérêt des vaccins. Pouvez-vous nous parler de la variole en 5 minutes ?

CZ : Oui certainement, je peux vous parler des points clés. L’histoire de la variole est vraiment incroyable. On a du mal à y croire car aujourd’hui ça n’existe plus. C’était peut-être le pire virus de tous, et on l’a vaincu. Héhé. Et ça, ça devrait nous confiance pour essayer d’en combattre d’autres. La transmission se faisait de personne à personne. Elle causait d’horribles scarifications, et la maladie était terriblement mortelle. Une part importante des gens infectés en mourraient. Il y a une estimation, en Europe, et en Europe seulement, entre 1400 et 1800, la variole a tué chaque siècle 500 millions de personnes. C’est un peu inimaginable. Mais les gens avaient développé des techniques pour se protéger qui ressemblaient un peu à la vaccination. En fait, ça a probablement commencé en Chine, puis ramené en Europe. Edward Jenner, au 18ème siècle, a fait des progrès pour traiter la maladie en découvrant une souche de virus qui protégeait contre la variole, sans être très dangereux en soi. Mais ce n’est que dans les années 50-60 qu’on a vraiment commencé à parler d’éradiquer le virus complètement et que les campagnes d’éradication ont commencé. Finalement en 1977 en Ethiopie, on a eu le dernier cas de variole contracté de manière naturelle. On garde toujours le virus de la variole quelque part. A ce que j’en sais, ce n’est que dans 2 laboratoires, un aux Etats-unis et un en Russie. Et c’est tout. Maintenant, on a un débat sur : est-ce qu’il faut se débarrasser de tout ou le garder pour des études qui pourraient nous donner des idées.

A : Vous avez réussi, en moins de 5 minutes. Vous êtes épatant ! Merci beaucoup. Karim, des questions ?

K : Une question de vocabulaire. Variole se dit smallpox en anglais, mais est-ce qu’il y a une bigpox ?

CZ : [Rire] Pas que je sache, non. Il ya des virus géants dont je parle dans le livre. Ces virus sont aussi gros que des bactéries. Des centaines de fois plus gros que les virus dont on vient de parler avec parfois plusieurs milliers de gènes, ce qui est fou, car les virus ont généralement 10 gènes, voire moins. Mais non je n’ai jamais entendu parler de bigpox. La variole (smallpox) est déjà suffisamment mauvaise !

K : Je voulais aussi vous demander. Vous avez dit que le virus était gardé dans un coffre. Quelle est votre position ? Vous pensez qu’il vaut mieux le détruire ou continuer la recherche dessus ?

CZ : Je pense que les deux camps ont présenté de très bons arguments. Je suis en revanche un peu méfiant sur le fait que l’éradication soit permanente. Et d’ailleurs, on pourrait même penser que l’éradication n’est pas possible. Par exemple, on n’est pas sûrs que tous les stocks de variole soient connus : il est possible que certaines personnes en gardent quelque part et pourraient les libérer. On ne peut juste pas savoir. Une autre chose, c’est qu’on connait le génome de la variole. On connait les séquences de gènes qui composent la variole. A notre époque, en connaissant ça, on peut faire le virus. Avec la biologie synthétique, je pense que la variole ne pourra jamais être éradiquée. On ne sait pas encore tout sur la variole, et on pourrait apprendre des choses sur les virus apparentés, qui seront peut être la cause de la prochaine grande épidémie, alors bon… J’ai tendance à dire : ne l’éradiquons pas.

A : Ok merci beaucoup. Vous venez de parler des virus géants. Je crois que Pierre a une question en lien avec l’actualité ? Pierre ?

P : Oui effectivement. Je viens de tomber sur votre article évoquant la découverte très récente dans un virus géant d’un système du type CRISPR. Je me demandais si vous pouviez expliquer en quelques mots en quoi consiste la découverte, mais aussi quelles précautions vous prenez lorsque vous écrivez sur les découvertes si récentes et des sujets aussi chauds

CZ : Ok. J’ai parlé des virus géants dans Planète de virus. Mais la science avance tellement rapidement sur les virus géants  qu’il y a des éléments qu’on ne peut relater qu’en complément. Vous parlez d’un article que j’ai écrit juste hier sur le site STAT. J’y relate une découverte troublante : il y a des virus géants qui peuvent être infectés par leurs propres virus. Croyez-le ou non, il y a des virus de virus. On a les virus géants qui infectent les protozoaires, et on a aussi d’autres virus, appelés virophages, qui infectent ces virus géants. Les scientifiques ont trouvé que certains virophages pouvaient infecter certains virus géants mais pas des souches très proches de ces virus. Ils se sont donc demandés “que se passe-t-il ? Ca devrait être possible.” Les virus géants semblent avoir une sorte de système de défense contre les virophages. C’est déjà très étrange de voir que les virus peuvent avoir leurs propres virus, mais c’est encore plus bizarre de penser qu’ils ont leur propre système immunitaire. Suite à ces études sur les virus, les scientifiques pensent que les virus géants sont capables de capturer des petits bouts d’ADN de virophages et de les utiliser pour simplement les reconnaitre quand ils les contaminent et enfin d’utiliser des enzymes pour les couper en morceaux. Si c’est le cas, c’est très similaire à ce qui se passe avec CRISPR qui est un système immunitaire que les bactéries utilisent pour combattre les virus. CRISPR a donné de très bons résultats ces dernières années car les scientifiques l’ont utilisé pour modifier les gènes et c’est très puissant, très rapide, très précis, très peu cher et ça ouvre des tas d’opportunités excitantes et effrayantes. S’il s’avère que les virus géants ont une espèce de CRISPR à eux, qui sait où ça pourrait mener pour d’autres applications de modifications. On n’en sait vraiment rien ! Vous avez posé une bonne question sur ce qui se passe quand quelque chose comme ça arrive. Un nouveau papier sort avec des découvertes étonnantes. Il faut être méfiant car il se peut très bien que ça s’avère ne pas être vrai. Peut-être que dans un, deux ou trois ans, les scientifiques qui vont essayer de suivre ce sujet vont se rendre compte que celui qui a fait la première découverte s’est trompé. Je pense qu’il faut simplement garder ça en tête pendant qu’on écrit sur le sujet et en discuter avec des experts extérieurs, des gens qui peuvent être un peu sceptiques et essayer d’intégrer ces voix dans vos rapports quand c’est possible. C’est une idée formidable, on va attendre et voir dans les années qui viennent si ça se confirme après un examen minutieux.

P : C’est ce que vous avez fait quand vous avez contacté Jennifer Doudna, pour cette histoire en particulier, pour avoir son opinion sur le sujet ?

CZ : Oui, j’ai contacté Jennifer Doudna, de Berkeley qui est une experte de CRISPR, j’ai parlé à 2-3 virologistes également, pour avoir leur sentiment sur le sujet. Déjà, les gens reconnaissent que les auteurs de cette nouvelle étude sont LES experts mondiaux des virus géants, ce sont eux qui les ont découverts. Didier Raoult et d’autres en France sont vraiment pionniers dans ce domaine et s’ils publient un papier, il faut l’étudier attentivement. Ca ne veut pas dire qu’ils ne se trompent pas, mais ça vaut quelque chose.

A : Merci infiniment. Le temps passe, on va boucler ce qui concerne le livre. Il y a une dernière question que je voulais vous poser : en fait, c’est juste une question de temps avant que la prochaine épidémie nous frappe, c’est ça ?

CZ : Malheureusement oui. C’est ce qui est en train de se passer en ce moment avec Zika par exemple. Ca arrive tout le temps, il y a juste une question d’échelle.

Parfois, il s’avère que les virus ne sont pas spécialement énormes. Comme par exemple, le SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère, dont je parle dans le livre. On ne veut pas l’attraper, ça peut être mortel, mais pour le moment il est très limité et se propage dans les hôpitaux et pas forcément à l’extérieur, donc ce n’est pas comme la grippe. Mais oui, on va avoir de plus en plus de cas comme ça, et certains d’entre pourraient être très mauvais. Je ne peux pas dire lequel sera le prochain, ça pourrait être une épidémie de grippe, ça pourrait être une nouvelle souche de grippe aviaire qui se propage très vite et soit en plus relativement mortel. Il y a pas mal de chose qu’on peut faire pour être prêt pour ces cas, c’est bien, mais c’est aussi frustrant car on se rend compte qu’on ne fait pas tout ce qu’on pourrait faire. Dans le cas d’Ebola par exemple, comment se fait-il que nous n’avions pas de vaccins prêts ? On avait déjà de bons résultats sur des vaccins contre Ebola il y a des années ! Mais les chercheurs n’ont pas réussi à faire en sorte que tout le monde se mette d’accord et fasse réellement des recherches dessus. Il faut qu’on soit mieux préparés pour la prochaine vague de virus.

A : C’est un bon message, merci. Karim, des questions ?

K : Non, je crois que les gens sont toujours impressionnés et essaient de digérer le truc du virus du virus.

A : Ok. En ce qui concerne le livre, j’invite vraiment chaudement nos auditeurs à le lire. Soit en anglais “A planet of viruses” dont la deuxième édition est disponible partout. Et à partir du 11 mars, il est aussi disponible en français sous le titre “Planète de virus”. Je ne sais pas si je l’ai précisé mais les traducteurs ont fait un boulot fabuleux. Maintenant, je vais laisser la parole à David et Pierre qui vont poser quelques questions supplémentaires, pas à propos du livre mais sur vous, votre vie et plus particulièrement vos écrits. David ?

D: J’aimerais revenir sur votre parcours académique. Ne faut-il pas être un scientifique pour comprendre et communiquer sur la science ?

CZ : J’espère que non, parce que je ne suis pas un scientifique ! Donc si c’était le cas, je serais sans emploi. Sérieusement, il est certain qu’être un scientifique donne pas mal de notions sur comment marche la science et ça donne beaucoup d’expertise dans un domaine particulier, mais je ne pense pas que ça empêche les autres personnes de s’y intéresser ou d’écrire sur la science. Je dirais que les non-scientifiques doivent reconnaître que ça peut être compliqué et qu’il faut du temps pour comprendre. C’est vraiment très facile d’étudier les choses en partant avec de fausses hypothèses. Il est certain qu’en tant que non scientifique je me remets sans cesse en question, je vérifier plusieurs fois pour m’assurer que j’ai bien compris. C’est bien et c’est intéressant de voir où j’ai fait des erreurs et d’apprendre de ça. Je n’aime pas… Je préfère m’en apercevoir avant que mes papiers soient publiés plutôt qu’après.

A : C’est un bon conseil ! David tu avais une autre question je crois ?

D: Dans l’avant-propos, on peut lire que le contenu du livre était initialement prévu pour des essais dans le cadre du projet “world of viruses”. Pourriez-vous nous parler un peu de cette initiative ? Est-ce de cette manière que le livre a vu le jour ?

CZ : Exact, donc c’était un projet éducatif organisé par des personnes de l’université du Nebraska. Ils font pas mal de projets éducatifs différents sur l’évolution et d’autres sujets et ils sont entrés en contact avec moi. Dans un premier temps je devais juste écrire quelques essais sur les virus, juste pour les présenter aux étudiants. J’ai commencé à les écrire et j’ai réalisé que j’avais presque accidentellement écrit un livre. La maison d’édition de l’université de chicago s’y est intéressée et donc j’ai repris et retravaillé tous les essais pour créer une unité et les assembler pour en faire un livre. C’est un des éléments qui est ressorti de ce projet. Ils ont fait d’autres choses vous savez : des BD des programmes radio, des tas de posters, plein de choses intéressantes et différentes. Ca a été très sympa de bosser avec eux et de voir les gens se servir des virus dans des formes de création différentes.

A : Pierre, tu avais aussi quelques questions   ?

P : Oui effectivement, si on a encore un peu de temps j’aimerais que vous nous parliez un peu plus de vos différents travaux et de votre expérience en termes de vulgarisation scientifique. Pour beaucoup, nous compris, vous arrivez à très bien équilibrer le fait de relater des faits, raconter une histoire et présenter des opinions. Selon vous, quels sont les principaux progrès qui vous ont permis d’atteindre cet équilibre ?

CZ : Dans mon cas, je ne peux pas dire que tout a été consciemment réfléchi, mais, vous savez, j’ai travaillé 10 ans pour le magazine Discover, j’y ai été rédacteur en chef pendant 4 ans et ça a vraiment été ma formation dans le journalisme scientifique, comprendre comment le faire. Commencer par être celui qui vérifie les données, puis écrire de courts articles… et apprendre de rédacteurs et de journalistes très talentueux. Depuis, j’écris seul à temps plein et j’aime vraiment atteindre un bon équilibre entre plusieurs types d’écriture. Déjà par intérêt personnel. Je pense que je m’ennuierais un peu si j’ecrivais tout le temps le même type de chose. Donc quand j’ai fini un livre, ce que j’aime faire habituellement, c’est commencer à travailler sur quelque chose de très très court. J’aime beaucoup ça, pouvoir écrire quelque chose, le faire très rapidement puis avancer à partir de là. C’est un processus continu, régler finement mon emploi du temps et ma journée, regarder ce que j’ai déjà écrit et essayer de comprendre comment je vais avancer à partir de là dans une direction différente.

P : Vous avez testé pas mal de média : les blogs, les journaux et magazines (NY Times, National Geographic, Time Scientific American, Science, et Popular Science), les podcasts (Radiolab, Fresh Air, Meet the Scientist and This American Life) et recemment la vidéo avec STAT. Maintenant que vous avez un peu tout testé : quels sont les avantages et inconvénients de chaque média ? Est-ce qu’il y en a un que vous préférez et est-ce que vous pensez qu’il y a un passage possible de l’un à l’autre ?

CZ : Je travaille actuellement sur un livre et j’aime vraiment pouvoir travailler un jour entier voire plusieurs jours uniquement sur un gros projet spécifique. Pour le côté créatif, c’est vraiment satisfaisant. Mais aujourd’hui le domaine des livres devient un domaine un peu saturé. Ce n’est pas une mauvaise chose mais le fait est qu’aujourd’hui les gens lisent et écoutent et regardent la science de pleins de manières différentes et même si j’aime écrire un livre papier à l’ancienne, je veux quand même être capable d’explorer d’autres moyens. La vidéo pour STAT que j’ai faite est quelque chose de complètement nouveau pour moi mais je pense que si on a de la chance, on essaie de nouvelles choses en travaillant avec des gens qui savent ce qu’ils font, et donc on ne peut pas se tromper. Dans mon cas, je travaille avec un producteur, Matthew Orr, qui a 10 ans d’expérience dans la video, et qui travaille dans des endroits comme le NY times. En gros, ce que nous faisons, lui et moi, c’est nous pointer dans des laboratoires, où des gens font des choses très intéressantes, comme de la rééductation après un AVC,  hacker des microbiomes, ou je ne sais quoi. En quelque sorte on prend le pouvoir et on leur demande de nous montrer ce qu’ils font et de nous raconter leur histoire. Matt filme tout le temps et cherche de belles images pour illustrer ce dont on est en train de parler. C’est un challenge complètement différent ici, il faut arriver à résumer en 5 minutes ce que des gens étudient depuis des années, et ce n’est pas toujours facile.

P : Ok. J’ai encore le temps pour quelques questions ?

CZ : Oui bien sûr, encore quelques minutes.

P : Dans la blogosphère, à un moment vous avez changé de plateforme (vous avez commencé par Discover puis Phenomena pour le National Geographic). Est-ce que vous pouvez nous dire quelle votre opinion pour ces plate-formes de blogs et comment elles ont évolué, ce qu’elles offrent aux blogueurs etc ?

CZ : A ce propos, il y a un nouveau livre qui s’appelle : “Science blogging : The Essential guide”. Il a été publié par la maison d’édition de l’université de Yale et il y a un chapitre qui parle de l’histoire des blogs. Je suppose que je fais partie des vieux, qui ont commencé à blogger à l’ère du Jurassique. En fait j’ai commencé tout seul, sur mon site, avec un logiciel très primitif. Puis un réseau de blog appelé “Courant” [??] m’a demandé si je voulais blogger avec eux, ensuite j’ai été invité à participer à un réseau de blogs plus important appelé “Science Blogs”.

Ensuite j’ai rejoins le magazine Discovery, puis National Geographic. Le fait de blogger était très excitant. Et ça l’est toujours, mais au début voir au milieu des années 2000, où il n’y avait rien d’équivalent, où on pouvait écrire exactement ce qu’on voulait, de la manière qu’on voulait, on pouvait intégrer des vidéos etc. et tout simplement expérimenter. On pouvait répondre rapidement aux lecteurs. Et aujourd’hui, il y a tellement de choses qu’on considère comme acquises dans les média de science qui en réalité ont été découvertes pour la première fois grâce aux blogs de science. Pour l’instant, je prends un peu de recul par rapport au blog car je suis en train d’écrire ce livre et j’ai aussi tout ce qui se passe sur STAT et j’ai une rubrique pour le NY times, et j’ai des fois l’impression que ma tête va exploser. Mais j’y retournerai. Je pense toujours qu’il y a certaines choses qu’on peut faire en bloguant qui sont simplement impossibles avec d’autres formats.

A : Très rapidement, questions réponses pour tes dernières questions Pierre.

P : OK, donc les 2 dernières questions. A certains moments, vous avez activement plaidoyé pour une nouvelle manière de faire de la science, notamment suite au désastre de la fausse découverte de bactéries à l’arsenic. Est-ce que vous pensez que c’est un travail pour quelqu’un comme vous, qui a un regard extérieur sur comment on fait de la science et comment elle est perçue ?

CZ : Eh bien, ce qui s’est passé à ce moment-là, c’est que le magazine Science a publié une étude faites par des scientifiques très réputés et financés par la NASA qui prétendaient avoir trouvé un nouveau genre de vie qui pouvait vivre de l’arsenic qui était utilisé pour construire leur ADN. Ca aurait été incroyable si ça avait été vrai, mais ça ne l’était probablement pas. Je ne dirais pas vraiment que j’ai plaidé dans ce sens, mais j’ai écrit  sur comment la communauté scientifique avait reçu cette info et tout le battage qui en a suivi, sur le fait qu’il y avait beaucoup de sceptiques à ce sujet, et que beaucoup de personnes pensaient que ça montrait que le système de diffusion de l’information scientifique était très imparfait en se focalisant autour du fait que les journaux sont réputés et que ça ne marche tout simplement pas.  J’ai écrit sur ce qui se passe après la publication, le peer-review une fois que les papiers sont sortis, les gens doivent y penser. Je ne dirais pas que j’ai plaidé mais que j’ai présenté les grandes tendances dans la communauté scientifiques dont une qui est en train de prendre de l’importance.

P : Ok pour terminer … ?

A : Oui Pierre, une dernière.

P : Vous avez eu du mal à expliquer votre affection et enthousiasme pour les parasites à Jad Abumrad et Robert Krulwich sur Radiolab. Je suis un fan des parasites et je me suis toujours demandé si cette discussion sur Radiolab avait été préparé ou si elle était sincère. Est-ce que vous pensez que vous avez contribué efficacement à l’embellissement des parasites ?

CZ : Je pense qu’à Radiolab, Robert Krulwich et Jad Abumrad pensent que c’est leur job de représenter l’opinion que beaucoup de gens ont, par exemple sur les parasites, on a le sentiment que ça fait peur et que c’est bizarre et ils ne veulent pas en entendre parler, c’est juste mauvais. Et c’est à des personnes comme moi de les persuader que non, vraiment vous devriez y réfléchir, parce que la nature est étonnante et surprenante et belle, même si parfois c’est de manière sinistre, mais c’est toujours mieux que ce qu’on aurait pu supposer au premier abord. Et si j’arrive à les persuader en direct, avec un peu de chance, certains auditeurs peuvent également changer d’avis sur comment le monde marche.

A : Donc on ne sait pas vraiment si c’était mis en scène mais ça nous va je suppose.

CZ : [Rire] Ils ne m’ont pas envoyé de scénario. Nous nous sommes assis et ils ont commencé à me titiller… C’était marrant.

P : Ca a bien marché !  

A : Oui ! Karim, des questions dans la chatroom ?

K : Oui, une nouvelle question d’Alex. Vous avez dit que vous travailliez sur un livre sur l’hérédité. Vous avez déjà des idées pour de prochains livres ?

CZ : [Rire] Non. Uniquement parce que je dois d’abord terminer celui que je suis en train d’écrire avant de penser à écrire un autre livre. De toute évidence, c’est un sujet très vaste donc toute mon énergie mentale disponible est monopolisé sur ce livre. Quand ce sera terminé, je penserai au prochain. Pour l’instant je suis en plein dans celui-là.

A :Un projet à la fois je suppose.

CZ : Exactement.

A : Ok. C’est le moment de la quote. Carl, Vous avez fait vos devoirs ? Vous en avez trouvé une dans l’intervalle ?

CZ : Il y a quelque chose que j’ai écrit pour le National Geographic. J’essayais de parler de l’importance de la main humaine dans notre évolution, notre histoire etc. J’ai écrit : “La main c’est l’endroit où le monde rencontre l’esprit”.

A : Magnifique. Ca nous laisse de quoi méditer pour la semaine prochaine.
Merveilleux, merci beaucoup.

CZ :Merci

A : Rappelez nous où on peut vous trouver sur l’internet mondial ?

CZ : Mon site web carlzimmer.com, carl avec un C. J’ai aussi un twitter @carlzimmer.

A : Super. Et bien sûr, on peut trouver planète de virus dans toutes les bonnes librairies et dans 10 jours exactement, le livre sera aussi disponible en français. Je ne sais pas si je l’ai précisé mais la traduction est excellente. Et bien il est temps de se dire au revoir. La semaine prochaine, mardi 8 mars, un épisode roue libre, avec Emile on bande, une équipe de sociologues qui parle au grand public par le biais de bd. Les épisodes roue libre sont nos format test, et on va essayer, comme à notre habitude de nouvelles choses, spécialement sur le storytelling. Et on est désolés pour ceux qui écoutent en anglais, on revient au français la semaine prochaine. Personne n’est parfait.


Que vous ayez aimé ou pas, faites-le savoir par n’importe quel moyen viral. Aimez-nous sur Facebook, twitter, soundcloud, sur tout l’internet mondial. Un immense merci à Carl Zimmer et un gros bisou à toute l’équipe, et à Karim, David et Pierre en particulier.

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Carl Zimmer – Planet of viruses (in English)

(Shownotes: http://www.podcastscience.fm/?p=8049)

Alan (A): For the first time since we launched the podcast almost 6 years ago, this episode is in English. And the reason for this is that we have an incredible guest live from the US: Carl Zimmer is with us tonight. And we are going to talk about viruses. This is March 1st, 2016. You are listening to episode 251 (yes, it’s a prime!) Welcome to Podcast Science !

virus 833x1228A: My friend Karim and myself, have had the privilege of translating Carl Zimmer’s latest book into French, that is, the second edition of A Planet of Viruses. A fantastic book. Brilliantly written. And mind-blowing in that, your view of the world is bound to change once you’ve read it. So let’s have a quick look at who we have in our virtual studio tonight.

  • First, from somewhere in Connecticut, we have Carl Zimmer. Welcome Carl.
    Carl Zimmer (CZ) : Thank you
    A: And thank you ever so much for accepting our invitation.
    We have 3 people in Paris :
  • Pierre, also known as Taupo, or @PierreKerner on Twitter.
    Pierre (P): Hi everyone
    A: Pierre is a great fan of parasites and the author of one of the best blogs in the World: Strange Stuff and Funky Things. Pierre has probably read everything Carl ever wrote and is his greatest ambassador in France
    P: I’m so glad
  • A: Karim, my business partner, co-founder of Big Bang Science, also the author of another of the best blogs in the World, Sweet Random Science. Karim has helped us prepare this interview and he will keep an eye on the chatroom and relay the question to Carl when appropriate. Hi Karim, welcome
    Karim (K): Hi everyone, nice to be with you.
    A: A quick reminder to the chatroom, if you want your questions to be seen, please send them to @ps in the chatroom.
  • Last but not least in Paris, we also have Nico, insuring the broadcast and recording – and everything for this episode – works flawlessly. Hi Nico.
    NicoTupe: Hi !
  • A: In the suburbs of Lyon, France, we have David, from another Podcast in french called Lisez la science, which would translate roughly into “go and read your science”. David also helped us prepare this interview. Hi David, welcome.
    David (D): Hi everyone.
    A: This episode will be available as a podcast in the feed of both shows. There are probably more members of Podcast Science hiding in the virtual studio tonight but for some reasons there were not allowed to speak.
  • Finally I would like to mention our good friend Puyo, who will be with us in the chatroom, ready with his pencils for a live-sketching session.

So, Carl, before we begin this interview, I would like to let David introduce you to our French listeners. David ?

D: Carl, for this interview, I’ve been looking at your bio page and also your Wikipedia page in order to get some info about your career and about the books you wrote. I would like to share what I’ve learned with the audience. Stop me if I say anything wrong about you! Wikipedia reveals that you got a B.A. in English from Yale University before working at Discover in the late 80’s, first as a copy editor and fact checker, before becoming a contributing editor.

I was stunned, regarding the quality of your productions and more specifically the book we are talking about today, to learn that your do not hold a B.A. or a Master’s Degree in science !

Because, dear listeners, it must be mentioned that Carl Zimmer is not your standard guest. Indeed, he is a columnist for the New York Times (not so bad), he is also present on radio shows such as Radiolab (I know Alan & Pierre love that podcast!), and some of his books have been widely acclaimed by the press and the science community: Soul Made Flesh – a History of Neuroscience –  has, for example, been named one of the top 100 books of the year by The New York Times Book Review. “Science Ink: Tattoos of the Science Obsessed” has been featured in mainstream media such as the Huff Post, Der Spiegel or the Guardian. As a writer, the articles of Carl Zimmer, be they in Discover, The New York Times or on his blog, The Loom (now hosted by the National Geographic), have been recognized as some of the best American science writings in various anthologies. Carl also won the American Association for the Advancement of Science’s Journalism Award three times for several of his articles. Now you might be able to grasp some of the reasons why we all consider that having Mr Carl Zimmer with us tonight is such an honor and we are happy to talk about his book A Planet of Viruses.

A: Thank you David. Enough introductions for now. Let’s begin the interview. Carl, for an immediate immersion, I would like to ask you a favour. Would you be OK with reading the first lines of the book aloud?

CZ: Sure. This is a book about viruses, but this introduction may not sound like it is a book about viruses; I am just trying to make the point that the viruses are everywhere on Earth, so I chose a pretty extreme place. So the book begins :

Fifty miles southeast of the Mexican city of Chihuahua is a dry, bare mountain range called Sierra de Naica. In 2000, miners worked their way down through a network of caves below the mountains. When they got a thousand feet underground, they found themselves in a place that seemed to belong to another world. They were standing in a chamber measuring thirty feet wide and ninety feet long. The ceiling, walls, and floor were lined with smooth-faced, translucent crystals of gypsum. Many caves contain crystals, but not like the ones in Sierra de Naica. They measured up to thirty-six feet long apiece and weighed as much as fifty-five tons. These were not crystals to hang from a necklace. These were crystals to climb like hills.

A: Wow, I think that’s exactly the voice I had in my head when I read it. Brilliant. I guess this will have given our listeners an idea of your style. Sharp. Straight to the point. And yet you manage to build unforgettable stories on the top of the bare facts. In less than a hundred pages, you tell us the history of the evolution of viruses, the history of our understanding of what they are – or rather our lack of understanding -, you cover influenza, HPV (which has to do cervical cancer and horned rabbits), you cover phages, marine viruses (now that’s a mind-blowing story, I hope we’ll manage to touch upon it!), endogenous retroviruses, HIV, Ebola, smallpox, giant viruses, and many more. You even cover the definition of life itself! We’re all trying to be good science communicators here, but I must confess, we still have a long way to go before we master this art as brilliantly as you do. Anyway… The book begins with the story of our understanding of what viruses are. We’ve known them for centuries, mainly through the symptoms they put us through. But it’s only quite recently that we’ve started to understand what they actually are. Can you start by telling us that story?

CZ: Yes, so, people were becoming sick from viruses obviously for as long as there have been people, and even before, but it was never clear what was making them sick. And people would learn certain ways to deal with viruses, like you know, trying to avoid infections. People with smallpox, they had to be isolated from other people. And then even vaccines were developed before people knew what viruses were. It wasn’t until the late 1800 that researchers were trying to understand why some tobacco plants were getting sick and they thought maybe it was bacteria. So what they did was that they mashed up the tobacco leaves into a kind of a fluid and then passed it through filters and what they discovered was that they could actually pass it through filters that would trap bacteria, these are incredibly fine filters, they just had what looked like a clear fluid and this could still infect tobacco plants. And so, that was when this mysterious substance was called viruses.

A: Virus, which has a double meaning, doesn’t it ?

CZ: Yeah, it can mean poison or seed. And I love that, sort of, double-meaning of it, because viruses, they really are kind of like seeds. There are these shells of proteins with genes inside of them that can make new viruses, but you know, to us they can be quite poisonous.

A: Yeah. So I think it was in 1923 that a British virologist declared that it is impossible to define their nature, and the New York Times a few years later titled that the old distinction between death and life loses some of its validity ?

CZ: Yeah this was because, you know, the problem was that scientists had discovered viruses. They showed that there was something that was incredibly tiny that could cause disease but they couldn’t see it because microscopes weren’t powerful enough and so then what some researchers did, Wendell Stanley that chemist in particular, what he did was, he said, well maybe I can crystalize viruses, maybe I can see them by crystallizing them. The same way you can try to crystalize salt out of salt water. So he actually managed to do that with these viruses that infected tobacco plants. And so he could actually create these crystals of viruses and it was very strange because you could just put these crystals away for months and then take them off the shelves and put them in water and then they could cause diseases again. So people were very confused, like, what are these things ? Are they alive or are they not ? And I think we’re still debating that today.

A: Okay and it wasn’t until the end of the 1930s that we were actually able to see them.

CZ: Yeah that’s right, then finally there were microscopes invented, electronic microscopes, that were powerful enough to give scientists the opportunity to zoom in and actually see these things, because they are hundreds of time smaller than bacteria. And actually scientists were able to see the viruses that infect bacteria, what they called phages. And so at last they could actually understand that these viruses, they are very small but they are not invisible, they are tiny little entities that can invade our cells and basically force those cells to make new viruses.

A: Karim? Do we have questions in the chatroom already?

K: Well so far we do have one question actually, it is a question from Haeckel I think, asking, she is not sure but, do prions have a similar story of discovery?

CZ: Hum, yeah it’s interesting, so prions are just proteins which have a deformed shape, and what they can then do is they can grab on to other proteins and deform them as well. And so that change in shape can sort of spread out among these particular proteins. And then they can cause diseases like mad cow disease, other kind of diseases. And certainly there was a lot of debate about certain kinds of diseases, researchers just couldn’t find bacteria or viruses to account for it. And eventually Stanley Prusiner, University of California in San Francisco, was able to isolate them and find evidence that it was actually these, what he called prions, particular kind of proteins that began to form this way. So yes there is an interesting parallel in that story.

K: Thank you.

puyo_1rhumeA: Thank you very much! Let’s move on to our first virus, can you tell us a little bit about the rhinovirus?

CZ: So the rhinovirus in English, we call it “cold”, and my poor French makes me forget what it is that is in French.

A: Rhume.

CZ: Rhume, yes. So basically, rhume, or the cold, this is a virus that we’ve all had. It doesn’t make us particularly sick for most people, but  you do get sick for a few days. You know, there are records about colds and treating colds going back thousands of years, actually, to earliest written records about medicine. Well it wasn’t actually until the early 1900’s that scientists were able to show that these colds were being caused by particular viruses. There was a scientist who took the mucus from his sick research assistant and students and filtered it through and then basically gave other people colds! That was the kind of test that you needed to show that this was in fact a virus that was causing colds.

A: Yeah, I remember that bit in the book, it is absolutely disgusting… It was Walther Kruze in Germany. Interesting fact, you mentioned that the virus, well, the cold, was called « resh » in, … I don’t know what language that would be, was mentioned 3500 years ago in the « Ebers Papyrus ».

CZ: Yes that’s right.

A: It’s really be annoying us for like… Forever! It’s only now that we’ve discovered what it is, and we still don’t have a cure for it, do we?

CZ: No we really don’t, you know, there are some studies that suggest that zinc might be able to shorten the span of a cold but it’s not really a cure. And there is really no way to prevent them. And so, there is actually a lot of debate about what we should do about colds. Lots of people say : “Look, for the most part, they’re not that bad”, and there is even some indication that maybe getting colds as a child might actually help the immune system, these are just suggestive studies. On the other hand, people are starting to appreciate that cold viruses can actually cause more harm than was previously thought. So you know, most of us get these colds and they make us feel lousy for two or three days and that’s it. But it turns out that colds can sometimes cause more serious respiratory infections and can trigger other kinds of infections, they may be associated with asthma for example. So we may need to take them more seriously. We’ve only started to appreciate these rhinoviruses, because you can actually now look at the genetics sequences in them and so scientists can actually see them showing up in lots of different cases where they weren’t expecting them. So our fight with the cold continues after thousands of years.

A: No but in the book you say that if we knew how to get rid of it, it might not be a good idea.

CZ: Yeah that’s right, I mean, in a way, it’s possible that getting a cold might be kind of like being exposed to bacteria, dirt and so on, that it is a way for the immune system to be trained, to be able to do a better job of finding pathogens without overreacting. We don’t want the immune system to respond to harmless things, because then you can maybe develop allergies, or an immune disorder and so on. So, there are intriguing studies in that direction, I wouldn’t say that they definitely show that getting a cold is a good thing, but it’s interesting to think about.

A: Yeah, the conclusion of the chapter is that we maybe should think of them not as ancient enemies, speaking about the rhinoviruses, but as wise old tutors?

CZ: Yeah, I mean, viruses, we think of them just as enemies and I think that we really need to broaden our view of them. They can have many different roles; there are certainly some viruses that are just bad, just all out bad. Then there are other viruses that might be actually quite harmless and other viruses that may actually believe it or not be beneficial. So we need to just consider all those things.

A: Okay. Karim, do we have any questions for Carl regarding the rhinovirus?

K: Not exactly the rhinovirus but we do have a few questions if I can go ahead. First one: Did you come across some cool tattoos of viruses when you were researching for “Science Ink” ? And if you could you give us some examples?

ps251_d385a19785031d82a58eefeacde5ea9f.jpgCZ: [laughs] So this is referring to this book I called  “Science Ink: Tattoos of the Science Obsessed”  and I discovered that a lot of scientists had tattoos and they weren’t sharing them with anyone, and I coaxed them to show me their ink. Yes, let’s say the one that comes to mind is actually one of these viruses that infects bacteria called phage, and there are some phages that are just perfect for tattoos because they look like some weird attack-robot from The Matrix, they’re all sort of hexagonal and have these, like, sort of pointed legs on them, and they land on cells and they drill in this syringe and pump in their genes. They are really bizarre so yeah I have more than one phage tattoo in my collection.

K: Excellent, thank you! Do we have time for another question?

P: I would like to say that one of my co-workers is actually pictured in that book, she has this sort of butterfly made of Darwin’s finches beaks.

CZ: Oh yeah!

A: I remember!

ps251_68632480b421b54674d4c591fe862e35.jpgP: So she says “hi!”. [laughters]

CZ: That is a beautiful tattoo.

P: Yeah it was.

A: Karim another question?

K: Yeah, we have one question from Alex asking if viruses fall under the strict definition of being parasites?

CZ: Hum, yeah most of them I would say, well I don’t know, again, it’s a tough question. Viruses kind of defy easy categories, the more you look at them. A flu virus, it’s hard to see that as anything but a parasite. It’s something that thrives at its host’s expense and that’s pretty much your definition of a parasite. But then there are other viruses that have actually beneficial relationships with their host, so you know there are viruses that for example carry genes for antibiotic resistance. When viruses like that infect bacteria that lives inside of us, and we take antibiotics, the bacteria is going to survive because it has these genes that were brought to it by the viruses, so the bacteria survives and reproduces and the viruses are able to reproduce inside of it. So that’s not a parasite. There is a whole spectrum of relationships that viruses can have to their host or to other species. We have the viruses that are parasites to bacteria in our gut, they might actually be good for us, because they keep our bacterial ecology in balance, so for us, we wouldn’t call them parasites, we are glad to have them to stay healthy perhaps. An answer to that question is harder to give than it might seem.

K: Well great thank you. There already answers some of the other questions we had. Some people are asking if viruses could be useful for human beings.

CZ: Yeah viruses can be useful in very many different ways to humans, both just in a sort of physical or medical way but also, you know, we use viruses for lots of applications as well, so viruses are great resources.

K: Ok thanks.

P: Someone asks if they can be considered as symbionts? Of sort?

CZ: Yeah, well, I guess it depends on how you define a symbionts. If they are talking about things that have a mutually beneficial relationship with their host, sometimes yes. For some species of viruses, for some hosts, it can actually be beneficial, they can bring beneficial genes and so on. Sometimes it’s just kind of a conditional thing, sometimes viruses basically have the attitude towards their host of : “we can be friends, until things get bad and then I don’t want to have anything to do with you”. So viruses can invade a cell and sit there very quietly and not cause any harm. But then if the cell experiences a stress, the virus can detect the stress and it can switch on its genes, make lots of new viruses and rip the cell open and escape. So the cell dies and the virus is able to get out of there, because it is a bad place to be.

puyo_2grippeA: Thank you. Time flies so I’d like to jump to the next chapter. We’re not going to go into the details of each chapter but I think it’s worth spending a minute or two on influenza. What makes it so particular ? So maybe first you can tell us where it comes from ? I mean, originates from?

CZ: Yes, so flu viruses have a particular origin: They come from birds, particularly waterfowls. Birds have a huge diversity of flu viruses that live in their guts, and for the most part they are harmless. Then, on a regular basis, new bird flus jump into our species. They adapt to circulating among humans, and instead of being a gut virus they become a lung virus and we spread them by sneezing and getting the viruses on our hands and contact with surfaces and so on. We’re constantly getting this replenished supply of flu viruses, really, just all the time. Which is different than how other viruses originate.

A: And throughout history it has been an awful killer hasn’t it? You mention the 1918 outbreak, which infected half a billion people and killed an estimated 50 million?

CZ: Right, it might have been more than half a billion people, it’s hard to know precisely how many people were infected but what’s amazing it’s that it spread all over the World, to even the most remote Alaskan villages; it was a worldwide outbreak, and quite catastrophic.

A: Karim do we have any questions so far?

K: There is one question which is at the heart of the book, I think: It’s weather or not viruses are alive?

CZ: I get asked this question all the time, but I always feel like: before I have to answer that question, I think the questioner needs to tell me what life is. [laughs] You know, define life for me, because if you actually look for definitions of life there are hundreds of them that are “in circulation” among scientists. There is no clearly accepted definition of life. People will say : “well living things have this list of qualities” and they gather up some arbitrary list and it’s a different list depending on who you’re talking to. So it’s a difficult question to answer because the terms are so contentious. There are certainly features of living things that most viruses don’t have. Maybe the key thing is that our cells have little factories for building proteins out of building boxes, they’re called ribosomes. Our cells can grow, they can build new proteins, they can build their own genes. Viruses can’t do that; they don’t have that capacity. So if that’s your definition then, yes, I would say they are not fully alive. Although there are some viruses that seem to be getting right close to that kind of capacity, they are called giant viruses. And they are so much like utterly alive  that some people are saying that they are not sure whether they are viruses or not; it gets confusing. I think that we tend to think of life in a very binary way, life and death, but I think that in terms of biology, there is actually a spectrum, I don’t know how to call it, biological systems, living systems, from the simple virus to the full-blown living thing like us. I think that it’s actually harder than you think to draw a line and say “on this side things are alive, on this side things are not”.

A: I’d like to go onto the next chapter which is about HPV, the Human Papilloma Virus. Which can cause rabbits to grow horns (that’s an incredible story!), and Human beings to get cervical cancer, or even look like trees. Can you share your insight about this one?

CZ : Sure, so HPV is one of the better known viruses now, I think partly because their threat is so well appreciated. Women who are infected with certain strains of HPV are at risk of developing cervical cancer. Men can also develop cancers as well from this virus. What happens is that the virus gets into cells and it can indifferently speed up their replication and then kind of gets out of control, and the cells are just turning into cancerous tumors. Their runaway growth becomes very dangerous. How they were discovered is pretty amazing because it was in the early 1900’s, in the United States, people would talk about these rabbits that grew horns and it seemed like mythology ,but every now and then people would actually find these rabbits! A researcher  at Rockefeller University named Richard Shope in the 1930s, asked a friend to go hunting for these rabbits and ship their bodies back to him. He studied these horns and he realized that they were actually like cancerous growths. And then when he studied them closer he was actually able to isolate viruses out of them and he could use those viruses to cause new horns grow in other rabbits. So papilloma viruses are found basically on every mammal on earth. HPV in particular infect us, this is actually a real success story in term of virology, because here we have a way to eliminate cancer, a huge amount of cancers, because there is an effective vaccine against HPV. If you get people HPV vaccines you’re not going to get this kind of cancer. This is a cancer that affects many thousands people every year. This is a kind of cancer we can just eliminate, and you can’t say that about other forms of cancer. The HPV vaccine results are starting to come back in; the long term data is showing that this vaccine is really starting to drive down the rates, in the USA at least, of cancer-causing strains.

A: Karim, any questions?

K: Not about the rabbits I’m afraid.

A: But lots of comments on this in the chatroom.

P: You haven’t talked about the jackalope myth though and the link between the cottontail rabbit virus and this myth.

CZ: Yes, right, so people would refer to these rabbits with horns as jackalopes, so I guess it’s like a pun on “jack rabbits” and “antelopes”. I remember the first time, when I was young, I went out to Wyoming and Montana, if you went to a restaurant, you would sometimes see jackalope heads on the walls, which were actually like rabbits with antelope horns glued onto them. And you could buy postcards with jackalopes, and so on, and I just assumed that it was just a myth that Westerners would use to fool Easterners about the West of the US, but it turns out that it actually has a little grain of truth in it. That there really are these rabbits with horns.

P: I’ve just posted a picture of Ronald Reagan carrying a jackalope trophy.

A: And there has been another picture in the chatroom, I was going to skip the question but since it’s been mentioned, could you tell us the story of Dede, the Indonesian boy in the 80s?

CZ: Yeah, so in addition to cervical cancer, HPV, in other situations, can cause this kind of runaway-growths in skin cells and that can lead to warts for example, and other kinds of pre-cancerous growths. Part of the reason why these things happen is that the cells get ahead of the immune system. The immune system can keep these viruses in check, you know most of us actually have HPV infections, just on our skin, but they are pretty much harmless. They are not the cancer-causing strains that cause cervical cancer. But in any case, there was this man who probably had some type of immune deficiency which means that as soon as he got HPV on his skin, it would just take off. It would just make his skin cells grow really fast and it’s horrific that his skin did look like tree bark. He would grow these huge growths on his arms and other parts of his body. He was found by doctors in a traveling freak show, and they did really extensive surgery to remove these growths and he looked normal again but these things just come right back. Because HPV is just everywhere and it is very hard to avoid it and so he would inevitably pick it up and without an immune system to defend himself from it, he just becomes this tree-man again.

A: Sad story.  Let’s move on to the next chapter. It’s about phages, amazing little things. So you’ve already said a word about them, could they be a solution to the growing bacterial resistance to antibiotics?

CZ: Right, so phages are basically any kind of virus that infects bacteria and they are incredibly abundant because there are so many bacteria. The most abundant kind of phages are therefore ocean phages because the oceans are so big and they are so full of bacteria. Scientists have tried to come with estimates for how many there are: By one estimate it might be 1031, that’s a 1 with 31 zeros after that. This is a lot of viruses. I mean, basically viruses are the most abundant life form, if you can call them that, in the World. We can really benefit by studying phages in particular for a lot of different reasons. One reason is that there are phages that specialize in infecting the bacteria that infect us. So if you have a wound that gets infected by bacteria, it’s possible to use phages to clear-up that infection. In France a hundred years ago, this so-called “phage-therapy” was invented and became very well established, before being replaced by antibiotics. And now that antibiotics are starting to really falter, we’re starting to see antibiotics resistance and so on, people are increasingly turning their attention back to phages, seeing if they can introduce phages that would reliably get rid of infections.

puyo_3oceanA: You’ve mentioned the marine viruses, I would like to stay there for a little while. I discovered something incredible while I was reading your book, if you breathe ten times, one of those breaths is due to a virus?

CZ: Yeah, it’s kind of mind-blowing actually that there are viruses, phages, that lives in the oceans that specialize in infecting the bacteria that produce a lot of our oxygen. These viruses carry around with them some of the genes for photosynthesis. What happens is that they go into bacteria and they essentially can replace the host photosynthesis genes with their own. That’s because that makes the host better at producing the kind of building blocks they need to build new viruses. They are sort of tweaking the photosynthesis to suit themselves and in the process, these cells are taking in carbon dioxide and they are giving off oxygen. We’re breathing that oxygen, and that oxygen, in a huge amount of cases was actually brought to us by these infected bacteria. So literally we have viruses to thank for a lot of the oxygen we breathe!

A: That’s really an amazing story.

CZ: Yeah!

A: Another amazing story can be found in the chapter called “Our Inner Parasites”, that’s where we learn that mammals have viruses to thank for the very existence of the placenta?

CZ: Yeah so, in this part of the book I talk about certain kinds of viruses that, basically, become part of our genome, we actually pass down their DNA with the rest of our own DNA, they blur themselves with us. I have been fascinated with these kinds of viruses for a long time and I’ve kept up with all the researches that have been going on with them. Scientists are finding that in several cases, their DNA, which has been passed down through millions of years, has been harnessed through evolution to do things for us. In the placenta for example, placenta cells will use a gene from viruses to make a protein that helps them to build connections between each other, between the cells and the placenta. This is essential, so when scientists take a mouse and knock out this virus-gene they can’t make placenta and the embryos die. It’s just a really striking example of how we have , sort of, co-opted viruses. Ironically we use their genes also to fight other viruses. We are part virus, as strange as it may seem.

A: Yeah, I think we officially have mind-blown people in the chatroom right know. [laughters] Karim anything to add? Any question?

K: No questions but yeah people are reacting and saying how amazed they are and realizing how important viruses are. And actually I had a question if I may, do you think phage therapy will be used in the future?

CZ: Well phages therapy is actually being used now, just not very widely. It’s being used, I believe. There is a test going now in Belgium, I believe. A really important test, I believe that there it’s being used on burn victims. What’s happening is that scientists are developing ways to use them in places where antibiotics are failing the most. For burn victims, you don’t want to put people on lots and lots and lots of antibiotics when they are so vulnerable. So phages might be a much safer alternative for them. But the real question is how reliable will phage therapies be. You can’t just pick up any phage to fight a particular infection, one species of virus may only infect one species, or even one strain of bacteria. So unless you’ve got the right match, it just may not work.

K: Thank you!

A: There are a couple of chapters in the book dedicated to the HIV, which I don’t think we have time enough right now to go through, so I strongly invite the readers to read your book, either in English or in French, to discover the full story, which is kind of mind-blowing as well. You also share the story of the globalization of the West Nile virus, and how it became American, so we’re not going to go into the details of that story either, but I guess the same kind of phenomenon is happening right now with the zika virus ? [Zeekah] ? How do you say that in English ? It is [zeekah]?

CZ : I’ve heard it’s pronounced [zeekah].

A : [Zeekah] sorry.

CZ: We can track viruses these days in a way that just wasn’t possible in earlier decades or centuries so what we’re finding is that there are some viruses that show up in one part of the World and then sooner or later in another part of the World. It’s quite remarkable to watch them basically marching along, so zika virus was found in Uganda I believe in the mid 1900, and it really wasn’t found in many other places until the past couple of decades. Then it started showing up in places like Polynesia, and actually only last year did it finally arrive in the Western hemisphere; in Brazil and now it’s just been spreading incredibly rapidly into other parts of the Americas. This is a pattern we’re seeing again and again. West Nile virus was limited to Africa and Asia until about a decade ago, well, over a decade ago. Then it was said it was in New York City.  We knew about it because birds were dying, it affects people and birds so actually birds in and around the Bronx zoo were dying, scientists looked at them and discovered there were these viruses in them. Just there in New York ! They probably got carried over in mosquitoes from some other part of the World. And that’s all it took for it to shoot out across the whole country, and so West Nile virus is just a regular fact of life in the United States now. There’s no way we’re going to get rid of it. People die of it every year now and we have just had to resign ourselves to that. And so zika may become one of those things unless we can get a vaccine and really like do an aggressive campaign against it and the mosquitoes that carry it. Chikungunya is another example too, unfortunately we’re seeing more and more examples of viruses shooting out all over the world.

 

A: Yeah, speaking about terrifying stuff, you also have a chapter dedicated to Ebola. We are not going to develop it here. You have written a chapter about Smallpox. I would like to stop a little longer on this one. I’m guessing people my age and younger will also have a shock when reading this chapter. I was born in the early 70s in Switzerland and until I read this story, I had never actually realized how murderous smallpox had been for the previous thousands of years and how amazingly incredible it is, that we managed to eradicate it (and yet still managed to sequence its genome). This is a fantastic story, which even covers the very invention of vaccination. Can you tell us all there is to know about smallpox? In like 5 minutes?

CZ: Yeah, right. I can certainly, you know, hit some of the high points. I mean the story of smallpox is really unbelievable. It is hard even to believe it because, it is not around now. This is actually… This was maybe the worst of all viruses and we beat it. Hehe. And that should give us some confidence in trying to go after some of these other viruses. This was a virus that spread from person to person. It causes horrible scarring and it was incredibly lethal, you know: A sizable fraction of people who get it die. There is one estimate that in Europe, Europe alone, between 1400 and 1800, smallpox was killing 500 millions people every century. It is just unconceivable to imagine, but people developed ways of what we would call now vaccinating against it. Actually, it probably started in China, and then was brought to Europe and then Edward Jenner, in the 1700’s sort of improved on it by finding a strain of virus that could protect you against smallpox without being so dangerous itself. But it was not until the 1950’s, 1960’s that people actually started talking about eradicating the virus altogether and then actually started an eradication campaign. And finally in 1977 was the last case in Ethiopia, the last in-the-wild kind of case of smallpox. We still have smallpox around. As far as we know, it is only in a couple of laboratories, one in United States and one in Russia. And that’s it. And so now the debate is wether we should get rid of it altogether or hold on to it to study for their insights.

A: You nailed it, in less than 5 minutes. That’s absolutely amazing, thank you so much. Karim, do we have questions ?

K: There is a vocabulary question. Is there a “bigpox”?

CZ: [Laugh] Not that I know of. There are giant viruses, and I write about them in the book. These are viruses that are as big as bacteria. Hundreds of times bigger than previously known viruses with sometimes a couple thousands genes, which is crazy, because most viruses have only ten genes or less. But no, I haven’t heard of a bigpox. Smallpox is bad enough.

K: And also, I just wanted to know: You said that the smallpox virus was kept in a safe. Where do you stand ? Do you think we should destroy it or keep on searching ?

CZ: Well… I think that there are very good arguments that have been made on both sides but the fact that eradication is permanent makes me kind of a little leery about that. And actually, you could even argue that maybe eradication is not even possible. For example we are not 100% sure that all the smallpox stocks have been accounted for. It is possible that some people are holding on to them somewhere and they are going to unleash them. We just do not know. The other thing is that we know the smallpox genome. We know the sequence of genes that make smallpox smallpox. And in this day and age, if you know the genetic sequence of a virus, you can make the virus. With synthetic biology, I don’t think that smallpox will ever be eradicated. And there is still a lot that we still do not know about smallpox. And there is a lot we do not know about the relatives of smallpox, which could also cause the next big outbreak so… I tend to lean on not eradicating it.

A: Ok, thank you very much. You mentioned giant viruses a minute ago. I think Pierre has a question for you linked to recent news. Pierre ?

P: Yes indeed. I came across your coverage of a very recent discovery regarding giant viruses: A CRISPR-like system found in a giant virus. I was wondering whether you could explain in a few words what the discovery is about, but also, what kind of precautions you take when writing about such recent discoveries and hot topics?

CZ: Right. So I write about giant viruses in “A Planet of Viruses”. But the science of giant viruses is moving so fast that there are just things that you just have to report on in addition to it.  This is something that I actually wrote about just yesterday on the website STAT. There I reported on this puzzling finding: there are giant viruses that actually can get infected by their own viruses. Believe it or not, there are viruses of viruses. You have giant viruses that infect protozoans and then there are these other viruses, these little viruses called virophages that infect the giant viruses. And what scientists found was that there were some of these virophages that could infect some giant viruses but they could not infect a closely related strains of viruses. And they thought “What’s going on? They should be able to do this”. It seems that the giant viruses have some kind of defense against them. It is strange enough that viruses can have their own viruses, it is really weird to think that viruses can have their own immune system. What scientists are now proposing, based on their studies of these viruses, is that these giant viruses are actually able to capture little bits of DNA from the virophages and use that to basically recognize them when they invade and use enzymes to chop them up. And if it is true, it is actually very similar to what happen in this thing called CRISPR, which is an immune system that bacteria use to fight viruses. CRISPR has gotten very famous in the past years or so because scientists have adapted it to edit genes and it is very powerful, very fast, very accurate, very cheap and it is opening all sort of exciting and scary possibilities. It turns out that giant viruses might have a kind of CRISPR of their own. Who knows if that could lead to some of other kind of editing applications. We really don’t know right now! You raised a good questions about when things like that happen: A new paper comes out with really wild findings. You have to be careful because it may very well turn out not to be true. Maybe in a year, or two, or three, scientists trying to follow up on it just realize that the original scientists got it wrong. I think you that you just need to bear that in mind as you are writing about it and talk to outside experts, people who might be a little skeptical, and try to include those voices in your pieces when you can. It is a wonderful idea and I think we are going to have to wait and see in the next year or two whether it really holds up for the scrutiny.

P: So is that what you did when you reached out for Jennifer Doudna, for this particular story, did you reach out to her to get her opinion about that?

CZ: Yes, I contacted Jennifer Doudna at Berkeley who is an expert on CRISPR, talked to a couple of virologists as well, just to kind of get their sense of it. I think that for one thing people recognize that the authors of this new study are the World experts on giant viruses, these are the people who discovered giant viruses. Didier Raoult and others in France who really have pioneered this whole field. If they are going to publish a paper, you’re going to give it some serious attention. That doesn’t mean it necessarily true, but it does count for something.

A: Thank you so much. Time flies, we have to wrap it up as far as the book is concerned. There is one last question regarding the book I would like to ask you: basically, it’s just a matter of time before the next viral plague hits us, isn’t it?

CZ: Yes. Unfortunately.  We’re dealing right now with zika in the Americas for example, they’re happening all the time, it’s a question of just the scale of them. Sometimes they turn out to be new viruses that are not especially huge. So right now MERS for example, which I write about in the book. You don’t want to get it, it can be quite lethal, but it seems right now to be fairly limited and to be spreading in hospitals, and not really going out beyond that, so it’s not like the flu. But yeah, we will have more of these and some of them could be quite bad, I can’t say what it will be next, I mean, it could a new flu pandemic, it could be a new strain of bird flu that turns out to be very fast-spreading and also relatively deadly. There are lots of things we can do to get ready for these things, that’s good, but it’s also frustrating because you can see how we are not doing what we could do. With the ebola outbreak for example, why was it that we didn’t have an ebola-vaccine ready to go? I mean, there were good results on Ebola vaccines researches years ago ! But the researchers just couldn’t get anybody to get along and really do the research on it. So we need to be better at preparing for that next virus outbreak.

A: That’s a good message, thank you so much. Karim any questions?

K: No, I think people are still amazed and trying to process the “virus within the virus” thing.

A: Ok, so regarding the book, I definitely invite our listeners to read it, either in English, it’s called “A Planet of Viruses“, and the second edition is available everywhere. And as of 11 March it is also available is French under the title “Planète de virus“. Am I not sure I mentioned it, but the translators have done an amazing job. Now I would like to let David and Pierre ask a few more questions, not about about the book but about you, life and everything, your writing especially. David?

D: I would like to come back to your academic background: Does one not have to be a scientist to understand and communicate science?

CZ: I hope not, because I’m not a scientist! So if that were true, I would be out of a job. No I mean, certainly, being a scientist gives you a lot of great insight into how science works and it gives you  a lot of expertise in a particular field, but I don’t think that that prevents other people from learning about science, or writing about it, and so on. I would say that non-scientist have to recognize that it can be complicated and that it takes time to really understand it. It’s very easy to sort of go into things with the wrong assumptions. Certainly I as a non scientist, I am constantly questioning myself, double-checking to make sure that I have things right, that’s fine and it’s interesting to learn how I’ve made mistakes and to learn from them. I just don’t like to… I prefer to discover those things before stories go to print rather than afterwards.

A: I guess that’s good advice! David I think you had another question?

D: In the foreword, we can read that the contents of the book were originally intended as essays for the World of Viruses project http://worldofviruses.unl.edu. Could you please give us some insight about this initiative, its status, and how the book came to like perhaps?

CZ: Right, so this was an educational project that was organized by some folks at the University of Nebraska, they do a lot of different educational projects on evolution and other subjects, and they got in touch with me, to see, at first if I would just write a few essays about viruses just to introduce them to students and so on. And I just started writing them and then after a while we all realized that I had almost accidentally written a book. The University of Chicago Press got interested and so I went back and reworked all the essays to really make them unified and actually hang together as a book. So this became one of the things to emerge from this project. They have done other things, comic books, radio programs, all sorts of posters, all sorts of different interesting things. It was a lot of fun to be working with them and seeing people taking viruses in different creative directions.

A: Pierre? You also had a couple of questions?

P: Yes indeed! If we have a little time left, I’d like to ask you a bit more about your different works and experience in science outreach. For many, us included, you’ve reached a very nice balance in your delivery of facts, storytelling and opinions. What would you consider were the major breakthroughs that enabled you to reach that balance?

CZ: Well, I mean, my own experience, I can’t say that it was all carefully like thought out but you know… I worked for ten years at Discover Magazine, I was a senior editor there for four years and that was really my education in science journalism, to really learn how to do it, starting as a fact-checker and then writing short pieces and so on, and learning from some really talented editors and journalists. Since then, I’ve basically been writing on my own full time and I would just like to seek a balance between different kinds of writing, just for my own interest. I think that I personally would get a little bored if I was only writing one type of writing all the time. So when I finish a book, usually I really like to work on something very very short. I enjoy that, you know, being able to write something, have it done quickly and move on from there. So it’s just a constant process,  fine-tuning my schedule and my day, looking back to the things I’ve written and trying to figure out how I can move forward in a different way.

P: You’ve tried a bunch of media: blogs, journals and magazines (New York Times, National Geographic, Time, Scientific American, Science, and Popular Science), podcasts (Radiolab, Fresh Air, Meet the Scientist and This American Life), and recently video (STAT). Now that you have a broad image: what are the pros and cons of each medium ? Do you have a favorite and do you think there’s a shift from one to another of late?

CZ: I am working on a book right now about heredity and I really enjoy being able to just spend a whole day, or maybe even several days, just doing nothing but working on one particular big project. Creatively, that is really satisfying. But books are now in a very crowded landscape of media. This is not a bad thing but the fact is that people are reading and listening and watching science in lots of different ways and while I enjoy writing an old fashioned book on paper, I still want to be able to explore some of these other outlets. The video for STAT that I have been doing is totally new for me but I think that if you are lucky, what you do is that you try out these new things but you work with people that really know what they are doing, so you cannot make mistakes. In my case I am working with a producer named Matthew Orr, who has got 10 years of video experience, worked in places like the New York Times. So he and I, basically what we do, is that we just show up in laboratories, where people are doing interesting things, like stroke rehabilitation or hacking microbiomes or what have you. And we just basically take over and have them show us stuff and tell us their story and so on and Matt is filming all the time and looking for the beautiful images to complement what we are talking about. But this is a completely different challenge, you only got maybe 5 minutes to summarize what people have been doing for years, which is not always easy.

P: Alright. Do I still have time for a few questions ?

CZ: Yeah sure ! A few more minutes.

P: Inside the blogosphere, you’ve switched platforms at one point (Discover at first and now Phenomena for National Geographic). Can you tell us a bit about how you perceive those blog platforms, how they’ve evolved, what they offer to the bloggers, and so on ?

CZ: Actually there is a new book out called “Science Blogging: the Essential Guide“. It is published by Yale University Press and I have a chapter in there about the history of blogging. I guess because I am one of the old people now, who started blogging in the Jurassic. I actually started blogging on my own, on my own website, with some very primitive software, and then, a blog network called Courant asked if I would blog with them, and then I got invited to a larger blog network called ScienceBlogs, and then, from there, Discovery magazine, National Geographic. So blogging was very exciting. It is still very exciting, but there was a time in the early 2000’s, mid 2000’s even where there was just nothing else like it. Where you were you just able to write what you wanted, in your own way, you could integrate things like video and so on and just experiment. And respond quickly to readers and so on. And there are so many things that now we just take for granted in science media that really were being discovered for the first time with science blogging. Right now, I’ve put my blogging on hiatus for a while because I’ve got this book I am writing and I am also doing my stuff for STAT and writing a column for the New York Times, and sometimes I feel like my head is going to explode. I am going to get back to it. I still think that there is something about blogging that you just cannot do in other kind of formats.

A: Maybe quickfire questions and answers for your two last questions Pierre ?

P: Alright, so 2 last questions. At times, you’ve been on the forefront for advocating a new way of doing science, especially during the aftermath of the infamous Arsenic Bacteria discovery. Do you think this should be a job for people like you, with an external look on how science is made and perceived?

CZ: Well. What happened there was that Science magazine published a very high profile study by scientists funded by NASA claiming that they had found a really fundamentally new kind of life that could live of of arsenic, and use it to build DNA. And that would have been amazing if it were true, but it probably wasn’t. Really, I would not say that I was being an advocate there but I would say that I was writing about how the scientific community was receiving that and all the hype that went around it. And the fact is, that there were a lot of skeptics about it, and a lot of people who argued that, this was an example of a very flawed system for spreading scientific information, focused around very high profile journals, and it just wasn’t working. I was writing about things like post-publication peer-review, after papers come out, people should be able to still talk about it. I would not say that I’m being an advocate but I will say that I’m bringing to people’s attention a big trend in the scientific community, one that is just continuing to gain strength.

P: Alright. Can I..?

A: Yes, your very last one Pierre.

P: Alright. You’ve had quite a hard time explaining your fondness and awe about parasites to Jad Abumrad and Robert Krulwich on Radiolab. I am a fan of parasites and I’ve always wondered if this dialogue with those radiolab people was staged or genuine. Do you think you’ve contributed efficiently to the beautification of parasites?

CZ: Well, I do think that on Radiolab, Robert Krulwich and Jad Abumrad sometimes see it as their job to channel the reactions that lots of people have, to things like parasites ans so on, just like feeling that something is scary and weird and they do not want to know about it, it is just bad. And then it is up to people like me to persuade them that “No ! You should really give this some more thought, because actually nature is remarkable and surprising and beautiful, sometimes in a sinister way, but it is always something much more than you could have thought up on your own.” And if I can persuade them on the air, then hopefully some of the audience may come away as well with that similar kind of a change of view about how the World works.

A: So we don’t know exactly if it was staged or not but I guess this will do.

CZ: [Laughs]  They did not send me any script. We just sat down and they would just start giving me  hard time and… It’s fun !

P: It worked well.

A: It did ! Karim, do we have more questions from the chatroom ?

K: Yes, one last question from Alex. You mentioned that you were working on a book about heredity. Do you have any plans for other future books?

CZ: [laughs] No. Only in the sense that I have to get this book done before I can even begin to think about writing a another book. It is obviously a very big topic so all of my spare mental energy is going to working on this book. Once that is done, I’ll think about another one. Right now I am in the thick of it.

A: One project at a time I guess.

CZ: Yes

A: Ok. Now is the time for the quote. Did you do your homework ? Did you manage to come up with a quote in the meantime, Carl ?

CZ: I can certainly quote something from some of the things I written. There is one piece I wrote about hands in National Geographic. I was just trying to talk about the importance of the human hand to our evolution, our history and so on. The way I described it was: “The hand is where the mind meets the world”.

A: That is brilliant. An excellent thought for all of us to ponder on for next week. Fantastic, thank you so much.

CZ: Thank you.

A: Just remind us where we can find you on the world wide internet.

CZ: My web site is carlzimmer.com, carl with a “C”. My twitter is also @carlzimmer.

A: Brilliant thank you. And of course a planet of viruses can be found in all good bookshops and online and in 10 days exactly it will also be available in French under the title “Planète de virus”. I don’t know if I mentioned that it is an excellent translation.

A: Well is the time for goodbye. The pitch of next week: The next live session, next Tuesday (March 8, 2016), is a freestyle episode, with “Emile on bande”, a team of sociologists who reach out to the general public with comic strips. The freestyle episodes are our experimental format and we are going to try new things, as usual, especially regarding storytelling. Oh, and sorry for the English listeners… We’re switching back to French next week. Nobody’s perfect.

This was our first show in English, and who knows, maybe it wasn’t the last one. Let us know how you feel about it and we will see what we can do. In any case, whether you liked it or not, feel free to spread the word. Any viral means will do. You can also love us on facebook, twitter, soundcloud, we’re all over the worldwide internet, actually.

A massive thank you to Carl Zimmer for being with us tonight, and a great big hug to all the team and to Karim, David and Pierre. Que servir la science soit votre joie.

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Boire de la bière après un entraînement aide à récupérer – Info ou intox ?

beerworkout

Chronique diffusée dans l’émission #247 du « Roue-Libre avec Caroline Corbasson ».
(La chronique audio, avec les réponses d’auditeurs, démarre à 49:45 => l’écouter sur Soundcloud)


Bon les enfants,

Entre l’émission radio-dessinée du 16 janvier dernier, Lyon Science le 7 février (pour lequel j’avais pourtant refusé de m’impliquer mais dans lequel je me retrouve quand même mouillé jusqu’au cou, le Big Bang qui décolle sur les chapeaux de roues (on envoie des offres à tire-larigot en ce moment), et la famille, l’univers et tout le reste, inutile de dire que je n’ai pas eu des masses de temps pour pondre la réponse du quiz du… Du quoi d’ailleurs… Du semestre ?

Bref. La question était « la bière, après le sport, aide à récupérer, info ou intox ? »

La réponse est : je n’en sais rien. L’internet mondial y va joyeusement de plein d’opinions de café de commerce idéalement calibrées pour se donner bonne conscience. Mais je n’ai pas trouvé de papier académiques sur le sujet.

D’un côté, j’ai envie de vous dire, le sport ça fait du bien et une bière ne fait pas de mal, alors faites-vous plaisir… Comme le chante très bien notre Geckaude préférée, c’est bon pour le moral ! Mais bon ce n’est pas très scientifique. Alors, j’ai tout de même essayé de vous dénicher un petit quelque chose. Vraiment tout petit, hein. C’est un article de Jen Murphy publié dans le Wall Street Journal du 9 octobre 2015.

L’article, qu’on trouve dans la section “life” du journal porte un titre en forme de question “Is beer a good recovery drink after a workout?” : « La bière est-elle une bonne boisson pour récupérer après un entraînement ? », et fait le point sur des positions d’experts sur la question. Il ne cite aucune source, il peut s’agit de croyances aussi bien que de faits, il ne faut donc pas prendre cela pour argent comptant.

En résumé, l’article déclare que selon les experts, la bière contient des polyphénols qui peuvent être bénéfiques mais sans doutes pas autant d’hydrates de carbones que ce à quoi à s’attendrait.

Pour Jim White, le directeur d’un centre de fitness et de nutrition en Virginie (oui, je vous avais prévenus quant aux sources, hein…), la bière n’est pas idéale. Car, explique-t-il le corps a besoin d’hydrates de carbone après un entraînement pour remettre à niveau ses réserves d’énergie, sous forme de glycogènes. Or la bière ne contient que 14 grammes d’hydrate de carbone (quelle que soit la taille de la bière, apparemment 😉 ) et donc ne suffit pas à la récupération. Monsieur White estime « qu’un athlète, pour se remettre d’un entraînement difficile, devrait boire de l’eau ou des boissons avec un ratio sucres/protéine de 4:1. Un fois qu’il est hydraté, il peut boire une bière ou deux pour le plaisir, en prenant bien soin de boire encore un peu d’eau pour compenser l’alcool. »

« Cependant des recherches indiquent que 1-2 bières quelques fois dans la semaine peuvent amener un bénéfice aux athlètes », nous indique l’auteure, sans bien sûr préciser lesquelles. D’après Monsieur White, certains composés connus dans la bière sous le nom de polyphénols peuvent renforcer la fonction immunitaire pendant les exercices intensifs prolongés.

Bref… Le reste de l’article ne vole pas beaucoup plus haut, je vous en épargne la traduction. Tout cela pour dire que face à la question « boire une bière après le sport permet de récupérer, info ou intox ? », une bonne réponse scientifique pourrait être « on ne sait pas encore. Cela n’a pas été étudié ».

À partir de là, on peut se raconter plusieurs histoires. Par exemple  « tant que la science n’a pas prouvé que c’est faux, on peut admettre que c’est peut-être vrai ». Je vous laisse y réfléchir. En attendant, si vous voulez ma recommandation personnelle, ce sera «  aites de votre mieux les amis ! Ce sera déjà pas mal 🙂 » Sur ce, je retourne vaquer à mes occupations. Je vous laisse deviner s’il sagit de sport de bière ou de tout à fait autre chose… Tant que vous n’en faites pas le nouveau quiz !

Bisous 🙂

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links for 02/13/2016

  • “we examined return on investment for communication expenditures for “most-excellent” and “least-excellent” programs. 6 In the survey, CEOs were asked to estimate benefits that their organizations received from the dollars or pounds invested in communication. If the CEO said the organization received one dollar back for each dollar spent on communication, then communication benefits were even with costs. If two dollars in benefits were received for each communication dollar spent, then communication provided the organization with a positive return on investment. The CEO’s evaluation of return on investment is, admittedly, subjective. But consider this: The CEO’s judgments about costs and benefits are the very judgments that will determine if your budget and staff increase or decrease next year! Further, no other manager in the organization has the same vantage point as the CEO. The average return on investment from the CEOs in organizations with most-excellent communication programs was $2.66 for every dollar invested in communication. In contrast, CEOs of organizations with least-excellent communication programs reported only a $1.46 average return on investment for each dollar spent on communication. CEOs with most-excellent communication programs—as defined by the Excellence Study and as isolated in the Excellence Factor—see greater return on investment for communication expenditures than do CEOs with least-excellent programs.”

    tags: communication 2.66 return on investement management

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links for 02/05/2016

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